mercredi 26 juin 2019

STAGGER LEE - Episode 3 et final provisoire...

La seconde version et hit international 
(ré)enregistré le 11 septembre 1958
et publié dans la foulée.


Pour en finir provisoirement, mais je vais y revenir un jour, avec ma saga Stagger Lee où plutôt pour que Stagger Lee en termine avec cette histoire et avec nous tous pour la même occasion, voici la conclusion en évoquant la version , plutôt les versions, de Lloyd Price en 1958 et dont la seconde a été un succès mondiale.
Lloyd Price avait au préalable, pré de 6 mois avant, enregistré pour la firme ABC une première version-adaptation avec des paroles qui reprenne la dramaturgie initiale mais ABC refuse de publier cette dernière et demande à l'artiste de réenregistrer la partie vocale avec des paroles édulcorées, passe partout... Lloyd Price accepte sans savoir qu'à court terme il se tire une balle dans le pied et sans le savoir il se met finalement là dans la posture de Billy Lyons que Stagger Lee flingue dans la légende pour conserver son chapeau. Après, certes un gros succès international, Lloyd Price ne rencontre plus jamais un telle aubaine et sa gloire éphémère s'achève bientôt totalement. Stagger Lee a toujours le dernier mot. La moralité, il ne faut jamais chercher à voler le chapeau de son voisin.


Stagger Lee (The Bandstand Version)
enregistrée le 4 décembre 1958
et finalement sera rendu publique
le 15 avril 1960.

BONUS
conseil de lecture

jeudi 20 juin 2019

L'AFFAIRE STAGGER LEE - second épisode. QUI PORTE LE CHAPEAU ? ...LES DEUX CHAPEAUX ?


Je désire à vous parler encore de cette foutue chanson Stagger Lee mais surtout pas de manière convenue car pour CELA il existe 'Sly Stone : Le Mythe de StaggerLee de Greil Marcus (Editions Allia - 2000) ou presque tout de convenu, justement, a été écrit. 


Non, aujourd'hui, je (ré)écoute encore Bob Dylan alors je ressors la magnifique pochette électrique de son album acoustique de 1993 'Gone Wrong' où sur les photos recto et verso de la pochette,  il porte 2 chapeaux différents ! Recto, un haut de forme noir ; verso, un Stetson blanc.
  

Sur cet album produit par Bob Dylan lui même, il l'aurait enregistré seul dans son garage avec simplement une guitare acoustique, un harmonica et sa voix, il reprend que des chansons traditionnelles du folk blues d'Amérique du Nord donc Stagger Lee qui pour l'occasion, il adapte en Stack A Lee ; j'ai cherché longuement mais je n'ai pas trouvé sur internet d'enregistrement de cette adaptation par Bob Dylan en personne mais juste une reprise de cette version par un illustre inconnu, au final je trouve que ce n'est pas plus mal  car CELA m'a permis de me focaliser sur l'histoire des deux chapeaux et de leurs symboliques.

Stack A Lee selon Bob Dylan
reprise par un anonyme.

À mon sens le chapeau haut de forme noir, de la photo recto, c'est la face sombre qu' "ils" diront mauvaise, maléfique, diabolique de Stagger Lee (le roublard, l'incontrôlable, le tueur...) qui s'affirme en portant le couvre chef distinctif des nantis dont il n'a que faire mais dont il utilise le haut chapeau noir pour signifier son indépendance rebelle, ultime, voir sublime, puisqu'il estime qu'il a le droit de revendiquer que tout ce qui appartient aux nantis, oui ! lui appartient à lui aussi ! Même si il est quitte à le faire de manière illégale. La sédition totale en forme ! Tout en s'accordant le droit de développer  une classe certaine, prestance élégante qui pourquoi ne serait que l'affaire des nantis !? Et puis quoi encore ?

Le Stetson blanc du verso de la pochette est celui des cow boys, des vieux ploucs... de ceux qui ont bien bourlinguer et fini par acquérir une véritable sagesse de par leurs bonnes expériences alliées à des souvenirs dont tous Stagger Lee savent qu'elle n'a de sens que si ils parviennent à prendre le temps afin de transmettre cette 'sagesse'... ou plutôt savoir.

Enfin, je vois les 'choses' de la sorte. Bob Dylan, dont un 'ami' me disait récemment qu'il ne prenait plus de risques (ce qui ne signifie strictement rien dans le cas de Bob Dylan !), il a été Stagger Lee au haut de forme noir de 1965  à 1966 quand il passe de l'acoustique à l'électrique, du 'folk' au 'rock', qu'il casse son image poussiéreuse de hobo pour ré-apparaitre dandy aux lunettes noires en précieux en blouson de cuir, puis surtout en enregistrant sa trilogie inégalable 'Bringing It All Back Home (1965), Highway 61 Revisited (1965), Blonde On Blonde (1966)  pour s'entendre être traiter de Juda lors d'un concert à Edinbourg. Bref ! Par la suite très vite et jusqu'à aujourd'hui Bob Dylan n'a plus, dans le fond, cherché à innover tant au niveau de ses écritures musicales que de la poésie de ses mots, de ses formules,  il a travaillé, le fait toujours aussi avec brio d'ailleurs, sur la forme afin de transmettre tout à la fois son œuvre, son âme personnelle et celle d'une Amérique que Greil Marcus nomme interdite... Bob Dylan est un extraordinaire transmetteur, toutes ses dernières productions en attestent encore, il y chante comme un crooner improbable, un Sinatra passé à la lessiveuse de la Beat Generation.  Alors Bob Dylan ne prendrait plus de risque ? Qui sont ceux qui affirment ça ? Comment vivent-ils finalement ? Juste dans le confort de l'argent des portefeuilles qu'ils dénoncent ! Bob Dylan est aussi donc Stagger Lee au Stetson blanc tel un bienveillant ange Gabriel au flingue rutilant et munitions précieuses. 

Bob Dylan est l'une des facettes toujours bien vivante de Stagger Lee et des revanches de ce dernier. Bob Dylan porte simultanément à merveille les deux chapeaux de Stagger Lee ! Et pourquoi pas, si vous vous payez un Stetson ?


Staggerlee, Stack O' Lee 
par Dave Van Ronk.


BLOOD IN MY EYES,
la seule chanson extraite de l'album
World Gone Wrong de Bob Dylan
que j'ai trouvé sur internet

mercredi 12 juin 2019

L'AFFAIRE STAGGER LEE - Premier épisode. EXAGERONS TOUT ! La Litanie des Saints...

...et même un célèbre acteur de feuilleton t.v !

Après Leon Redbone, Dick Rivers, Scott Walker, Dick Dale, Pete Shelley de The Buzzcocks... Une liste s'allonge comme une litanie de saints ; tous n'ont certes pas chanté Stagger Lee mais Amy Winehouse, Mississippi John Hurt, Woody Guthrie, Dave Van Ronk, Wilbert Harrison, Wilson Pickett, pour ne citer que quelques célébrités comme cet acteur de feuilleton t.v... même Joe Strummer avec The Clash, à leur manière ont interprété Stagger Lee puis il y a tous ces titres comme le 'I'm your Hoochie Coochie Man' de Muddy Water ou 'Back Door Man' de Willie Dixon pour Howlin'Wolf qui sont inspirés par le mythique Stagger Lee ; enfin avec tout cela il y a les 2 versions aux textes radicalement différents de Lloyd Price mais j'y reviendrai. Alors restent-ils des survivants dans la salle ? pour la transmission... Nick Cave et Bob Dylan sont certes toujours là mais après eux ? L'affaire de la chanson Stagger Lee c'est comme le vaudou ou si vous préférez le bien c'est le mal et le mal c'est le bien alors un truc de loufs vous me direz mais au final pas si louf puisqu'à l'image de l'histoire des Etats Unis...


Ecoutez bien l'introduction !

...CELA, tout ce bazar, nous le retrouvons jusque dans le film que j'ai été voir, hier soir, avec BlueBee, à savoir Rocket Man qui est consacré Elton John, un film qui m'a agréablement surpris puisque populaire et profond, même j'avoue qu'il a fait changer mon regard sur Elton dont je ne serais certes jamais un inconditionnel, mais c'est un film courageux qu'Elton John a produit lui même de manière exclusive. Puis dans 'Rocket Man', il y a une scène qui m'a frappé ; elle se passe dans le lieu où Elton John doit donner son premier concert au Etat Unie : The Troubadour, au dessus du bar il y a d'accrocher un chapeau blanc de Cow Boy qui appartient au patron auquel Elton John demande le couvre chef, 'impossible...' répond le patron '...il m'appartient !'... CELA ne vous rappelle rien ? Puis quelques scènes plus loin Bernin Taupin annonce à Elton John : 'il parait que Bob Dylan est dans les parages' , ce qu'il faut savoir c'est que Bob Dylan a chanté Stagger Lee ! Elton John a payé très cher a vouloir des Etats Unis porter tous les couvres chefs, les fringues aussi, les plus exubérants possibles. Le Setson de Stagger Lee c'est le rêve américain, plus encore la malédiction quand on désire le voler. Amen !


Elton John sans chapeau !

Maintenant Elton John va mieux, pour preuve sur la compilation 'The American Epic Sessions', en hommage à ces vieilles chansons populaires de blues et de folk, il reprend en duo avec Jack White 'Two Fingers Of Whiskey',  le piano d'Elton y sonne comme celui du Dr. John. Vous ne voyez peut-être pas le rapport avec Stagger Lee mais moi je sais que je suis retombé sur mes pattes, c'est CELA aussi le mythe de Stagger Lee : savoir rebondir sur ses pattes. 

À suivre...

lundi 3 juin 2019

L'AFFAIRE STAGGER LEE - 1. Introduction...

Au Dr JOHN, 21.11.1949 - 06.06.2019




Jimi Hendrix a déclaré que la composition de The Troggs 'Wild Thing' devrait être l'hymne national des Etats Unis, je le comprend, je trouve que c'est une proposition pertinente surtout en pleine guerre du Vietnam...


...cependant pour moi si une chanson populaire fait encore plus sens à être d'une manière souterraine celle qui représente le mieux symboliquement l'Amérique, les Amériques et surtout la rebelle dignité populaire face à l'entropie du capitalisme libéral des Etats Unis, c'est 'Stagger Lee' ! une chanson qui a fini par avoir une résonnance internationale malgré le thème tout à fait subversif de cette histoire qui parait immorale pourtant !?  D'ailleurs l'écrivain Greil Marcus* lui a consacré tout un chapitre au début de son livre Lipstick Traces, une histoire souterraine du vingtième siècle**, sous le titre du chapitre 'Le mythe de Stagger Lee' qui d'ailleurs est devenu par plus tard un petit recueil indépendant d'une bonne centaine de pages "Sly Tone : Le mythe de Staggerlee...***" dont les 15 premières pages posent presque tous les éléments à savoir pour appréhender toute l'importance de cette chanson, un folk-blues au départ, dont on n'arrive plus à comptabiliser les plusieurs centaines de versions (blues, folk, rock, rythm'n blues, soul, punk, ska...) de par tous les états des USA mais aussi à travers le monde ; pour ma part j'ai déjà réussi en collectionner plus de 120 déclinaisons différentes, des variantes musicales mais aussi surtout au niveau des lyrics, des conclusions ! Mais que quoi parle cette chanson qui a été inspirée par un fait divers réel ? "Un jour, quelque part, il y eut un meurtre : un certain Stack-a-Lee - ou Stacker Lee, Stagolee, ou Staggerlee - flingue un certain Billy Lyons - ou Billy le Lion, ou Billy the Liar (le Menteur). Cette histoire, l'Amérique noire ne s'est jamais lassée de l'entendre et n'a jamais cessé de la revivre [...]Les images d'un million de versions de l'histoire ont fixé pour toujours un archétype qui joue sur des fantasmes de violence gratuite et de débauche sexuelle, de luxure et de haine, d'oisiveté et de roublardise, le rêve d'un style et d''un certain type d'ascension sociale. Pour des gens qui vivent au quotidien dans un labyrinthe de limites, et qui ne peuvent les transgresser qu'entre eux, il s'agit, plus profondément d'un fantasme de liberté totale. C'est à la fois le portrait du personnage fort et plein d'énergie que chacun aimerait être, et aussi une danse macabre dérisoire et tapageuse.      Billy est mort pour un chapeau à 5 dollars ; parce qu'il a battu Stagger Lee aux cartes, ou aux dés ; parce que Stagger Lee trichait et que Billy a été assez bête pour lui faire remarquer. Cela s'est passé à Memphis au tournant des siècles 19 et 20, à la Nouvelle-Orléans dans les années vingt, à Saint-Louis vers 1880...selon les versions ? Pourtant, la façon dont fut commis le meurtre a son importance : Staggerlee a tué Billy, pour reprendre les mots d'une chanson de Johnny Cash, juste pour le voir mourir." - Greg Marcus*.

C'est une histoire terrifiante et édifiante, "...Billy the Lion a dit à Staggerlee/S'il te plait laisse moi la vie sauve/J'ai deux gosses et une gentille femme qui m'aime [...] Que m'importe tes gosses... Tu as volé mon chapeau/Il faut que je te flingue [...] bang-bang, bang-bang a fait le flingue... " ; pourtant à y regarder de prés en décortiquant les symboles de cette chanson, aussi en étudiant dans l'historicité de leur apparitions les versions, j'en arrive à conclure que Staggerlee ne veut fondamentalement que l'amour, la liberté et la justice pour tous et qu'il appuie sur la détente pour transformer l'amour en mort... mais aussi surtout le mal en amour... Mais je vais y revenir une fois prochaine, dans un second épisode... à suivre...

*Greil Marcus est un essayiste, critique rock américain, né en 1945. Spécialiste de la pop culture américaine, il s'est intéressé dans ses ouvrages à, entre autres, Bob Dylan, Elvis Presley, les Sex Pistols, ou Sly Stone.
**Lipstick Traces, une histoire souterraine du vingtième siècle Ouvrage indispensable pour appréhender au mieux l'importance, entre autre, du phénomène punk et excellente introduction au situationnisme. Paru en 1988 aux Editions Allia. Disponible aussi en version livre de poche, collection - Folio 19/18.
***Sly Tone : Le mythe de Staggerlee... Paru en 2000, aux Editions Allia.
Texte de la version de Bob Dylan.


BONUS
Dr JOHN, 21.11.1940 - 06.06.2019

vendredi 17 mai 2019

MARC RIBOT CONTRE LA MUSIQUE... TOUT CONTRE... FAIT NAÎTRE.



Je l'ai vu arrivé seul, rentrant dans le hall de la salle du concert, tel un vieil naufragé, rescapé, très fatigué aussi, descendant d'un train ou d'un taxi, avec sa valise-guitare, usées la valise et la guitare acoustique...

L'un de mes très nombreux enregistrements préférés en public de Lou Reed est un concert 'No Drums 92 Art Project Munich' en trio avec  Greg Cohen à la basse et Marc Ribot à la guitariste ; à l'écoute de ce concert ont peu dire que Lou Reed n'a jamais peut-être autant chanté contre la musique, dans le sens que les paroles sont beaucoup plus récitées que véritablement chantées pourtant Lou Reed y est extra-ordinairement lyrique alors une formule comme 'Lou Reed chante contre la Musique' me semble toute à fait adaptée, très éloquente et juste. Le concert en solo auquel j'ai assisté de Marc Ribot, le 16 mai 2019,  à La Ferme d'en haut de Villeneuve d'Ascq a toute cette dimension d'une exécution de la pratique d'un art contre la Musique... et j'en ai été subjugué !



NOUS connaissons les expressions : les musiques du monde, aussi le monde de la musique et moi même je croyais savoir qu'elles faisaient sens sauf que depuis ce que j'ai perçu de Marc Ribot avec sa guitare offre en mettant la musique au monde, je me dis que ces deux expressions fourre tout n'ont pas réellement de sens...
Marc Ribaud est  à sa manière une véritable légende vivante, né le en 1954 dans le New Jersey, c'est un guitariste, compositeur américain qui réside essentiellement à New York. Il a étudié la guitare classique avec Frantz Casseus. Il est accompagné de différentes formations : Shrek, Rootlees Cosmopolitans, Los Cubanos Postizos, Spiritual Unity, Ceramic Dog  et joue dans les groupes Bar Kokhba et Electric Masada de John Zorn. En 2008, Anaïs Prosaïc lui a consacré un excellent documentaire Marc Ribot : La Corde Perdue. Extrêmement éclectique, il a collaboré avec des artistes aussi différents tels que Noras Jones, McCoy Tyner, Tom Waits, The Jazz Passengers, Vinicio Capossela, Elvis Costello, John Zorn, Mike Patton, Marianne Faithfull, Alain Bashung, Gavin Friday, Caetano Veloso, Anthony Coleman, Jim Thirlwell, Tricky, Cassandre Wilson, Medeski Martin & Wood, Madeleine Peyroux, 17 Hippies, Naïf, Anarchist Republic of Bzzz et Diana Krall.  




À La Ferme d'en Haut de Villeneuve d'Ascq, Marc Ribaud a demandé que l'on prie de recommander au public de se faire le plus discret possible afin qu'il y ait le moins de bruit possible durant sa prestation ; après coup le public mesure l'importance de cette prière. La vieille guitare usée qui a l'air de sortir d'un rebut de cochonneries de choses invendables du fin fond d'une arrière salle de la boutique d'un brocanteur, est juste amplifiée de manière rudimentaire par un micro extérieur, bien sûr ici pas de pédale d'effets, ni d'autre gadget cache misère afin de trafiquer le son ; ce sera pur, brut et interprété sans aucune amplification excessive. Les compositions, moins d'une dizaine, sont de véritables paysages sonores en mouvement que Marc Ribot nous fait traverser par le biais d'ambiances successivement classique, folk, blues, jazz, rock, traditionnelle, moderne, avant-gardiste, bruitiste... tout y passe, articulé, conjugué d'une manière qui si, avant d'y être invité et immergé, pourrait paraître improbable, impossible et vouée à l'échec, s'avère d'une évidence, d'une logique et d'une réussite totale. Assurément, là, la part à l'improvisation est extrêmement importante mais il y a des thèmes, des mélodies, des successions d'accords qui ne nous sont pas étrangers. La première partie du concert, je suis demeurer droit devant la scène a écouter, regarder la dextérité des doigts du guitariste et aussi le visage extrêmement expressif de Marc Ribot... puis j'ai éprouvé le besoin, une nouveauté pour moi, d'aller m'assoir sur une marche d'escalier au milieu de salle du concert, j'ai pris mon visage entre mes mains, j'ai fermé mes yeux et je n'ai plus écouté que la Musique... parfois j'ai aussi ressenti la nécessité de regarder quelques autres visages et postures de spectateurs, c'était stupéfiant... ils étaient tous comme sous hypnose... non pas sous ou dans la musique mais contre la Musique... oui contre !  tout contre comme des amants, des corps qui s'aiment communiquant profondément en inventant un monde, mettant au monde la Musique. Marc Ribot c'est CELA, un homme avec sa guitare contre lui, qui joue contre la Musique... tout contre la Musique comme un amant, un aimant qui devant vous, pour vous vous offre la naissance de cette Musique... . Marc Ribot ne joue pas de la Musique, il l'a fait naître... Tout contre elle, Marc Ribot fait naître la Musique. Marc Ribot fait naître.


Moins d'une heure après sa prestation dans le hall d'entrée de la salle du concert, Marc Ribot, avec sa valise-guitare et son visage fermé de rescapé fatigué, s'avance vers la sortie extérieure pour quitter les lieux, quelques personnes l'abordent, lui disent quelques mots, s'arrêtant il fait une pause, nul, je le remarque, ne lui demande d'autographe, il sourit discrètement avec une discrétion et humilité sidérante ; j'ose m'approcher de lui, dans mon pauvre anglais à l'accent exécrable, m'en excusant au préalable, je bafouille, je le remercie pour sa prestation, aussi lui glisse quelques mots au sujet de l'enregistrement que je possède de Lou Reed et lui... alors son visage s'illumine et il me répond sans aucun accent "Mais nous pouvons aussi parlers en français..." ...Plus tard, dans la nuit,  il est reparti souriant avec d'une main sa valise-guitare, usée la valise et la guitare acoustique, et de l'autre L'Evangile BleuNUIT.


BONUS/RAPPEL




lundi 6 mai 2019

The SADIES et JON SPENCER & The Hitmakers



La dizaine édition du festival Roots & Roses à Lessines, au cœur de la Wallonie picarde a eu lieu le 1er mai dernier en proposant une affiche très éclectique qui a permis a chacune et chacun d'y trouvé son compte et même si nous sommes nombreux a avoir attendu C.W. Stoneking mais a être partir avant la fin de sa prestation car globalement l'australien qui était présent en trio avec un batteur et un bassiste qui n'ont assuré que le minimum syndical ; assurément C.W. Stoneking est un excellent chanteur et compositeur qui fait très attention à son image vintage mais cela ne suffit pas, n'a pas suffit sur scène à défendre la réputation qu'il traine de dernière grande révélation du Blues, d'ailleurs à l'écoute des 6, 7 titres qu'il a joué en début de concert le premier je me suis dit que finalement ce n'était pas tant que cela des compositions blues qui apparaissent quand elles sont sorties de leurs écrins des 3 albums foutrement bien certes ficelés vintage mais en public avec juste une guitare acoustique somme toute au son poussif, plus un bassiste et batteur plus enclin au maniérisme qu'à autre chose,  il s'avère que le gaillard australien n'est absolument pas convaincant, ni crédible et surtout, je pense, parce que d'un point de vue plastique et iconographique c'est très fabriqué, calculé puis la 'petite' entreprise C.W Stoneking vend ses affiches-posters pré-dédicacé en avant coulisse à la chaine : 20 euros, cela donne à mesurer l'ampleur du malaise, de l'arnaque. On est , là,bien loin de l'esprit initial du blues... heureusement, il y avait bien d'autres groupes qui avant avoir permis à ce festival de tenir presque toutes ses promesses bien que de mon point de vue c'est encore avec deux vieilles valeurs sûres que ce fut exceptionnel, The SADIES et JON SPENCER & The Hitmakers.




The SADIES


J'ai découvert The Sadies, il y a bien une dizaine d'années à l'époque où ils faisaient les premières partie du Heavy Trash de Jon Spencer et Matt Verta, même qu'ils rejoignaient le duo infernal pour la seconde moitié du concert de ces derniers et que c'était exceptionnel. NOUS avons pu voir et entendre CELA au Grand Mix de Tourcoing jadis. Ce groupe canadien a au moins 8 albums à son actif et je m'étonne qui ne soit pas plus connu, reconnu et un sentiment qu'est venu renforcer leur concert auquel j'ai pu assister dans le cadre de la dixième édition du 'Roots & Roses' festival. Leur prestations presque vintage mais pas vraiment a été une alternance de composition d'instrumentaux aux guitares furieuses avec des échos dans les amplis de tous ces vieux groupes qui savaient vraiment faire dans la réverbération : The Shadows, The Ventures, The Chantays, et de ballades country-folk électriques que l'on peut croire descendues tout droit des montagnes d'épisodes de la série Twin Peaks de David Lynch et avec des décrochages instrumentaux déjantés et pas piqués des vers. Pour moi assurément la prestation de The Sadies a été avec celle de Jon Spencer & The Hitmakers, l'un des deux sommets de cette journée de festival.

JON SPENCER
& The Hitmakers


Quand J'ai découvert Jon Spencer Blues Explosion ! au milieu des années 90 ce fut pour moi vraiment une très grande révélation car rien ne n'avait enthousiasmé autant depuis certains groupes punks et post punks des années 80's. Après des années avec son premier groupe de rock bruitiste et industriel (appellation non contrôlée !) Pussy Galore, à la charnière des années 80 et 90, Jon Spencer va mettre sur orbite le Jon Spencer Blues Explosions ! Trio extraordinaire qui va en les faisant exploser réinventer le Blues & le Rock de par un conjugaison d'une rare énergie brut de décoffrage et à mon sens depuis il n'y a plus eu rien de pareil. De 2005 à 2009, Jon Spencer s'octroie un break et fait vivre avec Matt Vera le duo sur disque puis combo sur scène qui est du même acabit que le rock du Blues Explosion ! Sauf que cette fois cela tire du côté des racines de la country et du rockabilly mais c'est à nouveau une pure réussite ! Trois albums existent et ils sont hautement recommandables. Ensuite, au alentour de 2010, Jon Spencer retrouve ces 2 complices du Blues Explosions ! est il relance la machine furieuse qu'est ce groupe, il faut avoir vu cela une fois dans sa vie si l'on se dit rocker. Enfin, en 2018, Jon Spencer enregistre un album solo qui se nomme Spencer sings The Hits avec une superbe pochette psychédélique sauf que le contenu est franchement très rock et furieusement déjanté avec deux acolytes un batteur M.Sord et un officient au synths pour un contenu qui semble être une quintessence de tout ce que Jon Spencer a pu proposer depuis Pussy Galore et ce qui est confirmé lors des concerts car un quatrième comparse a rejoint la formation qui est nommée au passage The Hitmakers, avec un second batteur qui n'a pas de baguettes mais des marteaux et des gants de protections pour taper sur ces bidons, poubelles en ferrailles et catalyseurs de pot d'échappement car il n'a pas de tambour et cette fois ci le rock-blues explosif a plus qu'une touche d'art brut, il l'est réellement rock-blues-art-brut ! Bref ! Il faut avoir vu cela en action pour mesurer qu'en action Jon Spencer & The Hitmakers dégage... une machinerie de rock-blues (là appellation tout à fait contrôlée et justifiée !) brut de chez brut. Puis Jon Spencer quel chanteur ! Quel bête de scène et quand il se lance dans ses monologue pour haranguer en transe le public et notamment ces dames alors que le groupe comme une bête forcené continue à faire tourner le son derrière, c'est jubilatoire, jouissif et sans jamais se perdre dans la crânerie. 

Le véritable point culminant de ce festival Roots & Roses, à mon sens, a été Jon Spencers & THE Hitmakers surtout qu'ils sont hors normes et hors mode du moment. Pour moi, Jon Spencer est une révélation qui dure depuis plus de 20 ans, toujours et encore à contre courant. 


Enfin pour conclure cette chronique l'une des plus belles images de cette dizaine édition du 'Roots & Roses' de Lessines, le baiser du jeune duo The Courettes qui a la vitalité,la générosité de la vraie jeunesse qui font que le vrai rock à encore de belles heures authentiques et spontanées devant lui.










lundi 29 avril 2019

TEXAS SLIM - Apparition magique dans La Boite à Musique pour Edzyhr'...

TOUT À FAIT INNATTENDU !
Edzyhr' rencontre TEXAS SLIM, à lire et écouter,
Une petite histoire Blues tout à fait ordinaire
mais simplement magique...



À Pierre Dubrunfaut

Après avoir demandé avant l'été à Thierry Peremarti qui vit au Texas si il peut me recommander quelques bluesmen texans afin d'écrire un projet qui me trotte en tête, il me transmet une liste d'une quinzaine de noms dont une petite moitié dont je connaissais strictement rien comme Slim Texas. J'ai laissé un moment cette liste et mon projet sur le côté et macérer dans un coin de ma caboche mais vers la fin de l'été, je me retrouve hospitalisé en urgence par suite successives de 3 erreurs de diagnostics médicaux, après une opération chirugical express me retapant et en convalescence je me met à écrire mon projet dans la chambre de l'hosto où j'attend ma sortie et voilà ce que j'ai d'abord écris, à partir de notes, en écoutant le disque Driving Blues de Texas Slim.

EN ECOUTANT TEXAS SLIM 

Je roule vers Namur dans la canicule septentrionale du mois de juin en
Wallonie afin une fois en corps vivre le rock vivant de Tjens Matic. Dans
La gueule du radio disques compacts j'ai enfourné l'album blues
Electrique acheté en seconde main dans une solderie géantes de recyclage culturel de
Tournai sous le conseil dans un message éclairé d'un nouveau Camarade de
Dallas et tout à coup Welcome To The Game énergique m'offre 
À penser que le monde est bien petit et le blues du grand
Tout Partout puis que je réalise qu'une putain écrit à mes côtés
Puis juste signifier que je désire seulement l'entendre chanter Jacqu's House et
L'écouter une dernière fois avant de quitter l'autoroute pour la déposer
Devant la gare d'Ath, il y a--t-il encore des trains ?
Qui passe là ? Ce n'est plus mon problème... Reste des bus ! Moi,
J'ai donné. Je poursuis ma route. Pas question de louper le concert.


En vers arithmonymes de 13,
Le 08.07.2018, en Dwai.

Ce concert que je n'ai pas manqué et que je n'aurais manqué alors pour rien au monde à eu lieu le 1 mai 2018 à Lessines et presque une année jour pour jour, le dimanche 18 avril, et alors que je retourne le 1 mai 2019 à Lessines pour la nouvelle édition, j'ai rencontré et sans qu'absolument rien ne m'y a faire croire un instant, TEXAS SLIM. En fait, j'ai été invité par Pierre,  un vrai Grand Camarade, a un concert de ZAC HARMON un bluesmen du Mississippi, en La Boite à Musique de Wattrelos, du blues rock carré teinté de soul et de funk qui doit plus à l'école devenue sophistiquée, pour les radios ? qu'aux véritables racines et à l'authenticité du genre développé dans le Mississippi... Toute foi, il y aura 2 grands moments lors de ce concert , le troisième titre qui renseignement pris après le concert auprès de Zac Harmon, s'avère être une composition de B.B KING, la version est poignante et le solo de guitare magnifique... Le grand moment de ce concert mais avec un autre instant sublime lors du rappel quand Zac Harmon présente à la fin du second Texas Slim comme second couteau à la guitare... un petit gaillard affublé d'un galurin, d'une chemise d'Hawaï qui a vrai dire ne paye pas vraiment de mine mais qui assure comme un bond petit diable du Blues & Rock. 


- Zak Hammon, Slim Texas et le bassiste à La Boite à Musique de Wattreloo, le 28.04.2019.
Photo : Michel Vincent. 

Après le concert, je vais bien m'assurer auprès de Texas Slim que c'est de bien de lui qu'il s'agit, celui de l'album Driving Blues et c'est la confirmation. Mon étonnement est total ! surtout que la veille au matin, je sortais du même hosto que de l'été dernier et aussi suite à une admission en urgence pour une allergie sérieuse mais certainement pas au Blues et aussi maltraitée par la médecine généraliste consultée à mainte reprise depuis presque deux mois auparavant... CELA ne vous rappelle rien.

En tout cas les mots et adresses échangés  avec  Texas Slim, avant de repartir chacun de notre côté, sont de ces moments comme cette rencontre et toute l'histoire que je vous ai raconté qui démontre que le Blues est avant d'être une Musique, des chansons, c'est essentiellement un étai d'esprit, une manière de vivre, une philosophie magique de vie et que c'est magique...

Quand je quitte Texas Slim hilare,  Zac Harmon assis au milieu de la première ranger de chaise de la salle désormais vide me regarde interloqué car visiblement il a assisté, regardé notre rencontre à Texas Slim et moi et il a l'air perturbé, voir chagriné, je ne lui pas demandé d'autographe, ni acheté l'un des ces trois disques compacts puisque sur aucun des trois ne figure sa reprise de B.B King. 



Depuis que je suis rentré à l'appart', j'écoute en boucles le Driving Blues de Texas Slim et je suis heureux de pouvoir une vraie petite histoire de blues et de sa magie improbable.

p.s : Depuis l'annonce du décès de Dick Rivers, j'avais perdu la vue, mes lunettes et lorsque que je rentre du concert où j'ai croisé Texas Slim, en sortant ma lessive de mon tout nouveau lave linge que j'ai baptisé Dick Rivers, j'ai retrouvé ma pair de lunettes.

Texas Slim - contact/concert : TEXASSLIM333@YAHOO.COM



- TEXAS SLIM 
et Ch-Edziré.
Photo Pierre Dubrunbaut -


- Le bassiste de Zak Hammon et Texas Slim - La Boite à Musique de Wattreloo, le 28.04.2019.
Photo : Michel Vincent.

21./ J.J CALE : "Magnolia" (1970).