dimanche 24 février 2019

CEDRIC BURNSIDE - NOUS sommes arrivés


Agé de 39 ans, Cedric Burnside vit toujours sur les terres acres prés de Holly Spring dans l'état du Mississippi, c'est là qu'il a grandi et été élevé par son sacré grand-père, le regretté bluesman, chanteur, auteur-compositeur et guitariste R.L. Burnside (voir l'article du Dix Vins Orchestrophone qui a été consacré à ce dernier*) ; avec un tel aïeul, guère étonnant que Cedric Burnside soit lui-même un bluesman qui a les même caractéristiques que son grand-père mais avec une corde en plus à son arc car il est aussi batteur à l'image de son père Calvin Jackson. Né dans la marmite du blues ou plus précisément du style 'hill country', variante hypnotique aux rythmes peu orthodoxe du Mississippi blues, Cedric a joué et tourné avec son fabuleux grand-père dés l'âge de 13 ans alors que sont père part aux Pays-Bas poursuivre sa carrière.

Avant le concert que Cedric Burnside a donné le 20 février dernier au 106 de Rouen, il confie 'Je joue le blues comme je le souhaite, comme un passeur, aussi parce que NOUS sommes arrivés et sans aucun artifice, sans me préoccuper de l'avis des autres sur la question ; cela fait bientôt 30 ans que je fais de la musique maintenant et ce que je suis c'est 'hill country blues', c'est toute ma vie et celle de mes pères qui travaillaient durs et m'ont tout appris alors je ne vais pas écouter quelqu'un me dicter ce que je dois ou non jouer. Je suis un passeur qui maintient le blues vivant pour les nouvelles générations'. Lorsque l'on demande a Cedric Burnside d'évoquer la grandre pauvreté de la région du Mississippi d'où il est natif et à laquelle il est resté fidèle, il cite ce qu'il entendaient dans son enfance quand on demandait à ses parents 'ils sont à vous ces gosses ?' la réponse était alors 'Non, on est trop pauvre pour faire des enfants, ce sont ceux des voisins qui sont tellement plus pauvres que nous que nous avons fini par adopter leurs gamins, nous n'allions pas les laissé crever de faim' et voilà donc qui nous donne une illustration parfaite du contenu de l'authenticité de la force et de la poésie du blues de Cedric Burnside et ses paires/pères.

Cedric Burnside a grandi entouré et donc était influencé par R.L. Burnside, mais l'autre géant du coin Junior Kimbrough dont il reprend en concert 'All Nigth Along', mais aussi les légendes moins connues du hill country' que son Jessie May Hemphill et Otha Turner, aussi il a beaucoup écouté des musiciens du Delta comme T-Model Ford et Paul 'Wine' Jones. Il a également joué avec le North Mississippi Allstars (Luther Dickinson lui a offert sa première guitare électrique), Hubert Sumlin (le guitariste d'Howlin' Wolf) et le Jon Spencer Blues Explosion (adolescent il est le batteur de R.L. Burnside que le Jon Spencer Blues Explosion emporte au milieu des années 90's dans ses bagages pour assurer leurs premières parties et rappels lors d'une importante tournée mondiale qui va permettre de faire (re)découvrir à un large public jeune l'une des dernières grandes figures alors encore vivantes du blues). On peut voir aussi Cedric Burnside jouer de la batterie aux côtés Samuel L. Jackson dans Black Snake Moan de Craig Brewer, film qui rend hommage à R.L. Burnside et d'autres bluesmen oubliés. Cedric Burnside a été nommé aux Grammy pour son albums 'Descendants of Hill Country' en 2015 et il a reçu quatre fois de suite la récompense du meilleur batteur de l'année au Blues Music Awards.


Son dernier album qui date de septembre 2018 'Benton County Relic'  enregistré juste sobrement et avec la complicité rugueuse de William Z. Villains (guitares, batterie, chant) qui l'accompagne en un duo infernal lors des concerts qui sonnent comme ceux d'un trio sans bassiste ! Les 12 titres de 'Benton County Relic' sont là pour dire Nous sommes arrivé à surmonter les temps difficiles, cette Musique a pour objectif de surmonter l'oppression moderne et les difficultés de notre rude époque. 12 compositions écrites dans la douleur d'une enfance dans la pauvreté privée d'eau courante, de radio de télévision comme il est raconté dans 'We Made It', d'une passion amoureuse non partagée dans 'There is so Much', en passant par la perte d'un proche 'Hard to Stay Cool' ou la description du quotidien de son auteur 'Typical Day'. 'j'écris ma Musique selon ma façon de vivre, avec les choses que je traverse sur le moment' confie Cédric Burnside qui a perdu ces dernières années ses deux parents, un oncle et son frère cadet avec lequel il a enregistré en 2005 'The Records - Dedicated to 'Big Daddy' R.L Burnside & JR. Kimbrough' et sur lequel ils reprenaient 'Knockin' on Heaven's Door'  de Bob Dylan. J'aime tellement la Musique ! C'est vraiment quelque chose vers lequel je me tourne quand je me sens déprimé ou en souffrance'. Mais le Blues de Cédric Burnside couvre un spectre plus large d'émotions ; on y trouve ainsi 'Call on Me', destiné à ses 3 filles pour lesquelles il désire être là émotionnellement à défaut de pouvoir toujours être là physiquement. Enfin 'Death Bell Blues' est un hommage à son grand-père qui jouait déjà ce morceau comme Muddy Waters et tant d'autres puis 'Give it to You' qui est l'expression d'un pur désir sexuel mais le titre de la fin, la faim, demeure 'Ain't Gonna Take No Mess' pour dire NOUS sommes arrivés alors NOUS n'allons pas écouter quelqu'un NOUS dire ce que l'on peut et doit faire !

mardi 12 février 2019

TRANCHES DE BLUES EN CUISINE... 'Donnez à manger aux affamés !'

Roland Van Campenhout avec Nils De Caster.


Dans nos caboches de Bleuze Boùdhènne Xploùsion ! Ils sont tous, là ! tel des étoiles de minuit et Roland Van Campenhout NOUS le rappelle 'Blind Willie Johnson [l'aveugle à la petite cuillère en argent moé pon din s' bouke !] , Charlie Patton [parèhl eque ch'Graind Géréraùl moé por ed Gaulle à cose eque ch'éto, li, in amerloke ! ], Robert Johnson [pi ch'dhiape à l'croisé ed chés kémins], Sleepy John Estes [chti ki canto ki avot dés raùts din s'cuizine], Howlin'Wolf  [làù, ej'vaù foére ch'Leu !], Little Walter & Sonny Boy Williamson [to's lé 2 ed jueu'd'Harmonica et moéme eque i' avo' 2 Sonny Williamson !?],  Miles Davis [ed li, ej' vaù nin edvié ed maù, ch'ét coére in bon moé pon quin i' foutu edzeur l'ghife desh s'feume] & John Coltrane [A Love Supreme, A Love Supreme, A Love Supreme, A Love Supreme...], Lightnin' Hopkings [ ...] & Big Bill Broonzy [li, i' avo 13 cortes à s' djitare ! equ'i' avo' agolilé li moéme moé ch'ét lazuré din m'tiéte, ch'ét Big Joe Williams equ'i avo' 13 cortes à s'ditare pi pon Big Biil Broonzy],  Woody Guthrie [pon ed Bob Dylan sains Woody !... ], Leadbelly  [étou in' l' spoto 'Vinte ed plonb'... Ooooh ! Back Betty (bis) ], Hank Williams & Jimmy Rodgers [Laù, à nouvio i' foét arwet'tié ch'film ed Clint Eastwood 'Honky Tonk Man' pi ej' aù énne quinte ed toux... ], Boris Vian & Edih Piaf [ouvré ch'kamasutra ed chés zz'anmes ! 'Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en rose...' ]. Et il NOUS parle avec sa guitare.



Assurément un disque enregistré en solitaire, juste un chanteur, sa guitare et sa voix, dans une cuisine qui s'ouvre avec de telles références avec une chanson qui se nomme 'Me & Blind Willie', CELA ne peut pas être un mauvais disque et ni une mince affaire pour en parler... alors pour se faire je me souviens...

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13 octobre 2009, j'arrive en Bruxelles en début d'après-midi et je gare ma vieille bagnole après avoir fait le plein de monnaie à une station service pour donner à manger aux parcmètres affamés. j'arpente le boulevard Anspach puis je m'engage sur le boulevard Lemonier ; je retrouve le Camarade Tomas Sidoli dans la boutique 'Pèle Mêle' où je démuche des disques et des livres de seconde main, je retrouve un exemplaire de la bande sonore du film Abracadabra pour laquelle Arno a livré une version restée jusqu'alors inédite de 'Give me the Gift'. Tomas m'apprend que Clémence, son amoureuse, adore écouter 'Freight Train' d'Elizabeth Cotten. Nous allons boire une bière et puis je file retrouver Roland à L'Ancienne Belgique. Là, l'Homme de Boom (il est né à Boom, c'est dans la banlieue d'Anvers et CELA ne s'invente pas quand on aime le Blues et que l'on a même rencontré John Lee Hooker !) tout en me tendant et m'offrant 'Parcours', son nouvel opus, me confie qu'il l'a vraiment ce soir, le Blues...

...d'ailleurs moi aussi, j'ai le ventre et la poitrine plombées d'avoir traîné ma vieille carcasse toute l'après-midi dans les rues de Bruxelles rendues agressives par d'incessantes stridentes sirènes de police...

...Plus tard, seul sur la scène de l'Ancienne Belgique, Roland, avec deux de ses guitares, son vieil ampli et une petite boite blanche magique rend un émouvant hommage à Leadbelly et encore aussi au père et au fils Lomax. Il nous balance une version belle à chialer de 'Ballad of Jean Harlow'. OUI ! ce soir, il l'a vraiment bien le blues, Roland. Nous nous retrouvons après son concert et nous n'avons aucunement envie de subir le groupe qui suit et qui doit se produire... Nous nous embrassons et chacun s'en retourne de son côté, avec son blues... Il y a des jours et surtout des soirées comme CELA... BleuNUIT !



Au volant de ma veille caisse, tel un Jack Kerouac de la vieille Europe comme me l'a écrit Ivar Ch'Vavar et parce que 'Poetry ! Poetry ! Poetry !...' comme le récite Roland, je rentre vers la France qui me semble de plus en plus puer le (f)Rance. Je m'arrête sur une aire de repos d'une autoroute qui traverse la Wallonie-Picarde. Je coupe le contact du moteur mais je laisse tourner le lecteur radio disque compact pour laisser filer dans la nuit 'Parcours' de Roland ; puis je tire mon stylo plume de ma pochette de lunettes et dans mon cahier d'avale bitume j'inscris des notes... 'Love & Devotion', Roland rend hommage à John Coltrane et en corps à Wannes Van de Velde qui n'est plus là, tout comme Jérémy, pourtant l'itinérance, le voyage, la respiration et le souffle de la musique, de la poésie, des échos de flamencos de la guitare de Wannes Van de Velde résonnent à jamais tel 'Pieter Breughel in Brussel'.

Ici là/Ichi laù, ichi Leu/Ici Loup ! tout comme NOUS le confirme mon Camarade Ivar Ch'Vavar, le poète d'Amiens [...]Que ma tripe s'offre aux semelles/des demoiselles - Si je peux rouler des yeux blancs/Je meurs content."

D'après notes de nuit du 13 au 14.10.2009,
de Christian-Edziré Déquesnes,
pour L'Evangile BleuNUIT.
                                             

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Afin de vous présenter le nouvel opus de Roland Van Campenhout 'somewhere in the mountains', j'ai préféré vous parler de souvenirs de 2009 et de l'époque de quand est publié son double album rétrospective de raretés "Parcours" et cette fois-ci, c'est une fois encore un double compact disque et même double 33 tours, l'un enregistré dans une cuisine et l'autre en concert avec des musiciens extraordinaires et comme il est joué et chanté dans le premier  long titre 'Poetry & all that Jazz', très indien et Beat Generation, du second disque c'est de la Musique et de la Poésie pour 'Donnez à manger aux affamés', d'ailleurs le dvd  puisqu'il y aussi un troisième disque à visionner ! qui conclue par 'Swamp Adversity' en public et duo avec Pieter -Jan De Smet de PJDS à la guitare, le chante admirablement. Les chansons de et par Roland Van Campenhout sont des prières pour les incroyants de la vraie vie 'C'est la vie' alors essayez de ne pas passer à côté sans les écouter, sans les regarder 'Poetry ! Poetry ! Poetry and all that Jazz'.

Roland Van Campenhout avec Pieter-Jan De Smet.

- La vidéo avec Pieter-Jan De Smet est extraite du dvd 'At the Theater der Keller', Cologne Bonus DVD (original footage) qui accompagne le double album ROLAND VAN CAMPENHOUT 'somewhere in the mountains'. La version de 'Saint James Infirmary' avec Nils De Caster est inédite.

- Les photos de Roland, à Saint Amand-les-Eaux et Brugge, sont de Pascale Parent, collection-archives privées de Christian-Edziré Déquesnes.

- Les 2 tableaux surfiguratifs de Roland sont de Jacques Cauda, collection-privée de Christian-Edziré Déquesnes.







mardi 5 février 2019

Encore aujourd'hui, DE L'INFLUENCE DE LA BEAT GENERATIOIN SUR LA MUSIQUE et vice versa...


Après vous avoir parlé, il y a quelques semaines de Cédric Cedell, ce blueman qui jouait de la guitare avec un couteau a tartiner la pâte à chocolat, de Janet Feder qui utilise la sienne en faisant rouler sur les cordes des billes, des petites balles et parfois mêmes cognant avec un petit marteau, j'ai désiré un moment faire une chronique sur Los Straightjakets, ce groupe rock latino, dont les membres apparaissent toujours affublés de masques de catcheur et dont l'un des guitaristes joue de son instrument en jouant frappant ou caressant les cordes avec une tapette à mouche !? Pas que je renonce à cette idée, vous finirez bien par y avoir droit à cette chronique, mais il y a l'actualité et mes pérégrinations qui ce samedi-dimanche m'ont amené a retrouver au salon du livre de La Couture mes deux Camarades Francis Carpentier et Lucien Suel.

Lucien Suel à 70 ans est toujours actif comme un jeune adepte de la Beat Generation dont il a fait beaucoup pour la diffusion d'esprit de par la création petite de la maison d'édition S.U.E.L (Station Underground d'Emerveillement Littéraire) qu'il a animé durant quelques décennies ; nous y reviendrons prochainement dans une chroniques pour Aux Robes de Rimbaud. Mais d'avoir retrouver Lucien CELA me donne envie, ce jour, de revenir sur l'influence de la musique sur la Beat Generation et qui est toujours encore effective aujourd'hui...



...deux exemples, d'abords l'un des ouvrages de Lucien Suel 'Sur ma route' qui se samedi fera l'objet d'une lecture-performance avec le guitariste champion de l'improvisation expérimentale Mimosa et un danseur Caramelle qui accompagneront Lucien pour un concert samedi 9 février 2019 - 20h30 / 23h55 oraginsé par Zonne Libre [- 7 et 5 euros]
Lucien Suel lit des extraits de « Sur ma route », accompagné du guitariste Mimosa et du chorégraphe-danseur Jean-Luc Caramelle. J.L.C n'aime pas (trop) les lectures alors, il interprète "L.S.Développement". (La musique adoucit les moeurs). Mimosa fleurira cette rencontre avec aisance.].
Une lecture donc, à triple tranchant !


Sur ma route vient de paraître dans la collection « La Main aux poètes » (éditions Henry) ; c’est un ensemble de poèmes avec des morceaux de On The Road à l’intérieur, comme un hommage à Jack Kerouac, cinquante ans après sa disparition. Extrait de Sur ma route : 

À Old Apelousas, je descendis dans une épicerie pour acheter du pain et du fromage pendant que Dean s’occupait de l’essence et de l’huile.
Graminées du Golfe

Champs de sable de Picardie
Labours dans l’or noir
Dans l’ornière
Eau stagnante

Cuves d’orge

Malt


Bière
Silos de pétrole
Moissonneuses batteuses
Convois exceptionnels
Large vehicle

Muffins emballés sous plastique
Derricks de purin
Piss Factory
Total
Tapis vert
Bourse flottante
Tartines
Arbres à came
Supermarchés de la vraie vie
Civilisation bidon et cocktail

La guerre est pacifique comme le développement est durable

Rappelons aussi que Jack Kerouac grand amateur de jazz a d'ailleurs écrit de nombreux recueils de poèmes qu'il composait de ce qu'il nommait des chorus, ou sa volonté était d'écrire de la manière la plus libre possible à la façon des musiciens de jazz lors de leur solo. Je vous recommande les lectures des livres 'Mexico City Blues' et 'Book of Blues'. Puis il arrivait aussi à Jack Kerouac de chanter...


Depuis quelques mois déjà et encore pour quelques temps, il y a un autre événement, notamment dans le Benelux, qui remet le focus sur le compagonnage Beat Generation et Musiques le dernier disque paru en 2018 'Folksong From A non-existing land' de Roland Van Campahout et le prochain qui débarque ce mois ci 'Somewhere in the mountains'.


Dans un important journal belge, pour annoncer, un récent concert à L'Ancienne Belgique de Bruxelles, du mythique et chamanique bluesman Roland Van Campenhout, on a pu lire ces lignes qui résument, presque tout : ' Fier de vous présenter un beat belge ! Le musicien de blues Roland Van Campenhout, 74 ans, qui a fait une tournée avec Rory Gallagher, très friand des beats. Dans l'interview d'un journal national aujourd'hui, il partage : " il a eu plusieurs emplois entre 14 et 18 ans ". l'un d'entre eux " à une ligne de montage. Dès le premier jour, j'ai su que ça ne serait pas pour le reste de ma vie. A chaque tour, je suis allé aux toilettes pour lire Jack Kerouac - le contremaître ne serait jamais mon meilleur ami (rires).". Roland a partagé des nuits difficiles avec Allen Ginsberg quand il était en Belgique (1984). Fier pour notre belge Battez-vous !'

- ROLAND VAN CAMPENHOUT, portrait surfiguratif  par JACQUES CAUDA. -
Enfin pour conclure, pour ce rappel et cette sensibilisation de l'importance de la Musique sur la Beat Generation et vice versa, je recommande l'excellent coffret 3 cd, paru en 2016, BEAT GENERATION L'ANTHOLOGIE MUSICALE, Hep Cats Hipsters & Beatniks 1936 - 1962 qui est très complet (on y entend des extraits de lectures de Jack Kerouac et Allen Ginsberg) et dont le livret de 32 pages, écrit par Bruno Blum, est extrêmement bien ficelé et instructif abordant tous les aspects de se mouvement artistique à la fois musicale et littéraire, imminent poétique.

- Lithographie de JACK KEROUAC par LUCIEN SUEL -

BONUS
Patti Smith avec ses musiciens, Philipp Glass et des moines tibétins
interprétant HOWL, le grand poème sacré d'ALLAN GINSBERG.

p.s : Il est a noté que Lucien Suel a écrit un picard et vers justifiés un poème sonore Patismit qui dont le texte en version trilingue (picard, français et anglais) a été édité en 2008 avec un disque compact de l'enregistrement d'une lecture de Patismit par Lucien Suel qui a été réalisé en public le 25 septembre 2002 en Centre Culturel Le Triangles de Rennes. Aussi que le livre-cd se conclut par une version d'Ivar Ch'Vavar qui a voulu traduire ce poème en respectant la graphie et les coupes du texte original en picard, bref écrire sa traduction dans un français phonétique.

lundi 28 janvier 2019

DES 'CAMPAGNONNAGES' D'ANICHE aux ORGUES HIRONDELLES D'HERZELLE...



- Claude Campagne -

'CAMPAGNONNAGES' D'ANICHE.

Comédien, poète, peintre et chanteur, Claude Campagne que j'ai découvert ce samedi est un Grand !  Ardent défenseur de la chanson ffrançaise, avec lui les émotions sont intenses de par la sensibilité à fleur de peau impressionnante qui transpire de cet artiste du Nord de la France ;  il vit à Aniche entre Douai et Valenciennes. aux extrêmes frontières d'une authentique Vie d'Artiste façonnées dans une itinérance aux mille et une rencontres de nuits.


Il propose 3 duos pour 3 spectacles : « Du côté de chez Jeff » avec Mathieu Harlaut (piano) autour des chansons de Jacques Brel ; avec Anatole Zéphire (piano) où il interprète les chansons d’Alain Leprest et le troisième avec Thierry Montagne (accordéon) avec qui il interprète un répertoire plus larges des grands noms de la chanson Française tels que Ferré, Barbara, Reggiani, Ferrat, Gainsbourg, Aznavour… mais il a aussi ses propres chansons.

Emporté par une Camarade, Jocelyne De Guiseppe, dans une escapade d'une fin d'après midi et de nuit d'un samedi-dimanche qui aurait pu être morose, je me suis donc retrouvé à Fretin (59) à La Ferme des Hirondelles transformée jadis en petit théâtre par Ronny Coutteure (qui se souvient de Ronny Coutteure ?) et découvrir un tour de chant de Claude Campagne, avec la complicité d'Anatole Zéphire au piano et la complicité, osmose entre les deux Hommes est énorme ! pour un hommage à Alain Leprest dont j'avoue je connaissais bien mal la richesse du répertoire. Claude Campagne a connu personnellement Alain Leprest et sa prestation qu'il offre, émaillées d'or par quelques anecdotes vécues en compagnie d'Alain Leprest, permet de mesurer l'importance de ce chanteur-auteur-compositeur qui mériterait d'être beaucoup plus (re)connu... Puis en compagnie de Claude Campagne, NOUS rentrons de nuit vers les faubourgs des banlieues minières de briques rouges du grand douaisis et à la recherche du dernier resto-kébab que NOUS démuchons au delà de minuit et où j'écoute en corps jusque passé trois du matin Claude Campagne évoquer Alain Leprest ; mais aussi des épisodes de sa vie personnelle faite d'un engagement complet, il cesse à l'âge de 40 ans sa carrière de journaliste dans la presse régionale du Nord/Pas-de-Calais afin de se consacrer pleinement à la défense sur scène de la vraie chanson française. Claude Campagne poursuit toujours sa Quête ! D'ailleurs, il chantera très prochainement Jacques Brel à la même Ferme des Hirondelles et de nouveau j'y serai au premier ral'âgeng... 

- Claude Campagne interprète Jacques Brel : Dimanche 10 février à 16h à La Ferme des Hirondelles de Fretin (59).
- Claude Campagne interprète Alain Leprest : Le 24 mars à Aniche (59) dans son fief. 


AUX ORGUES HIRONDELLES D'HERZELLE



...Toudi su l'coéchie/ Toujours sur la chaussé, le lendemain je trace la route puisqu'invité l'avant veille par Olivier Brisson de Vert Pipuite/La Belle Brute, jusqu'Herzelle au Nord de la Flandre française... presque chez les Belges ; dans ce lieux mythique, improbable et à (re)découvrir incontestablement Le café des Orgues où trônent trois gigantesques limonaires et une giganteste piste de danses où tous les dimanches après-midi, jusqu'en début de soirée anciens et plus jeunes, des tous jeunes aussi ! se retrouvent pour danser sur des airs d'antan.  Ce dimanche 25 janvier 2019, l'événement est particulier car il y est joué un nouveau carton (partition perforée) crée pour l'occasion par le groupe de Musique électronique et numérique PUCE MOMENT (de Lille et ex : Cercueil et Czapski)... Là, je me retrouve pareil comme au cœur de longues scènes qui seraient sorties d'un film de David Lynch ou mieux encore de Bruno Dumont (Herzelle se situe pas loin finalement de Bailleul) et ou au beau milieu j'assiste à un ballet intemporelle de danseurs de tous âges qui s'envolent de la piste au son d'une Musique qui doit plus au Krautrock de Can, Tangerine Dream et Ash Ra Temple qu'à la valse musette...


...Puis je reconnais et retrouve 10, 15 ans ou voir plus Pénélope de Czapski qui m'apprend qu'elle a créé avec son complice Nico, le carton de la performance, perfordance plutôt, de la soirée...



...et qu'elle a été aussi membre de ce groupe Cercueil dont tout le monde me parle ce soir !? Puis autre scène... avant que je reparte dans la nuit après distribué quelques "pauvres" périodiques Ffwl-Lleuw/Aux Robes de Rimbaud ...autre retrouvaille ! Celle avec Tilmond Mazure qui a été l'un des guitaristes du premier Chés Déssaquaches (Les Extractions), Il y a prés de vingt ans,  de quand j'étais chanteur... Dans la nuit, sur l'autoroute du retour, je sifflote une chanson de Michel Delpech...

Un aperçu de la PERFORDANCE 
crée par PUCE MOMENT pour Les Orgues d'Herzelle.

Clip Musical de
PUCE MOMENT 

LES SERPENTS NOIRS DE LIEGE ?

...De retour à Douai, je découvre que RAAAdaRRR, mon chat musicologue, écoute à tue tête le double disques-compact de LES SERPENTS NOIRS- Tous les Tubes, de Liège... Il a retiré CELA au point relais de réceptions de colis privés, samedi en fin de journée... Tous les occupants de l'immeuble de ma résidence d'Artois, Boulevard Albert Premier, à Douai, sont traumatisé car CELA fait plus de 24 heures, en mon absence qui passe les chansons 'SeXordinaires' de Les Serpents Noirs en boucles... Il était temps que je rentre !


p.s : bientôt RAAAdaRRR, Ch'Caùt dech' l'Edzyhr' vous dit tout sur Les Serpents Noirs de Liège dans le cadre de la chronique mensuelle qu'il va tenir dans le Dix Vins Blog... il va y avoir de graves surprises !


dimanche 20 janvier 2019

MUSE HIC !* O.S.N.I 's [Objets Sonores Non Identifiés] en horizon !

* Le terme est de Christophe Bruneel de L'âne qui butine...

JEAN-MARIE MASSOU 

Jean-Marie Massou vit au lieu-dit 'Limoges' à Marminiac dans le Lot, c'est une personnalité hors du commun, atypique, un excentrique qui vit en ermite. Un film de 58 minutes d'Antoine Boutet : Le plein Pays, lui a été consacré . Jean-Marie Massou est un grand solitaire qui durant plus de trente ans aux alentours de chez lui, durant des décennies a creusé d'impressionnantes galeries !?... Aujourd'hui, l'homme se dit ne plus avoir les forces pour continuer à creuser mais entre art brut, art naïf, art spontané, il continue à produire... notamment du matériel sonore avec des k7 audios, une pratique qu'il a commencé il y a déjà très longtemps. Olivier Brisson, Julien Brancilhon et Matthieu Morin de l'association : Vert Pipuite La Belle, ont eu l'excellente idée et initiative de produire en 2016, sur leur label : La Belle Brute, un double 33 tours vinyle de Jean-Marie Massou : SODOROME vol.1 ; puis récidive en 2018 avec un second opus, toujours 2 disques vinyles, de Jean-Marie Massou : La Citerne de Coulonge. Je vous livre un extrait des notes de la pochette de SODOROME disque improbable mais merveilleux que je me lasse pas d'écouter, tout comme le second d'ailleurs : [...] Entre complainte chantées à genoux au dessus de la citerne enfouie derrière sa maison et extraits des centaines d'heures de cassettes audio enregistrées sur plusieurs magnétos, Massou dévoile ici une part de ce qui l'occupe et de ce qui le préoccupe, l'univers imaginaire de l'enfance et son insouciance autant que l'imminence de la fin du monde et de ces habitants. [...] Il nous a accueilli dans le chaos organisé de son antre, où on voit que ses cassettes, ses "rouleaux", sont triés par paquets ficelés à l'élastique avec des collages ou des dessins sur les pochettes pour se rappeler ce qu'elles contiennent. On voit que les magnétos sont prêts à servir au rebord du lit ou à l'entrée, au cas où. 

- version cd contenant en bonus une chanson incroyable !
La complainte de la maternité. -
Le trio passionné de La Belle Brute est en train de travailler à la réalisation d'un film qui sera écrit, joué et réalisé en parti par Jean-Marie Massou... À suivre donc car ce que NOUS offre par son 'Horrible Travail" Jean-Marie Massou est exceptionnellement beau et humain ; l'art contemporain dans la plus pur innocence.

Contact : vertpituite@gmail.com

- Pochette de l'album 'La Citerne de Coulonge' - 1998. -

Les HARRY's



Notons aussi que Julien Brancilhon du label La Belle Brute drive le groupe de musiques et de  poésie expérimentales Les Harry's qui est composé exclusivement de jeunes adultes autistes et que leur album  GGOTS est un total O.S.N.I [Objet Sonore Non Identifié] : 'Pas de musicothérapie ici. Pas de soins là-dedans. juste l'expérimentation concrète de la matière sonore [...] Une pure pratique expérimentale dans ce qu'elle laisse de place à la surprise, aux associations libres, aux jaillissements incongrus de formes imprévues. Une situation d'improvisation sonore où la musique dépasse le cadre de la gamme et du métronome. Comme l'histoire de la musique en a connu et en connaît d'autres à chaque fois qu'on s'approche des marges de n'importe quelle chapelle (quand le son devient libre, poussez les barrières à la mer). Extrait des notes d'Olivier Brisson de l'album : GGOTS de Les Harry's. 

Disques disponible via : www.metamkine.com
http://sonicprotest.com/harrys/

OLIVIER BRISSON


Enfin, il reste à mentionner un dernier O.S.N.I, celui réalisé et paru en 2018, déjà parait-il épuisé !? d'Olivier Brisson : HORIZON CAPITON, 33 tours constitué de 2 très longues plages sonores, une par face donc, conçues à partir d'éléments sonores récoltés par Olivier Brisson dans le cadre de son travail d'infirmier psychiatrique et d'animateur d'ateliers de créations sonores. Le résultat est époustouflant ! sidérant et sidéral ! 

Des disques a découvrir avant la fin de l'Humanité ! Puis préparer le véritable nouveau monde !
HORIZON CAPITON

mercredi 16 janvier 2019

CEDELL DAVIS - TOJA TOLD HITLER... Blues, chocolat à tartiner et autres saloperies de la vie.



Le dos calé dans sa voiture-chaise, Cedell Davis tartine le manche d'une guitare avec un couteau à tartiner la pâte à chocolat (on peut choisir son désert) ; sa guitare est à l'envers !? Localement dans leur bled, sa mère était sacrément renommée en tant que guérisseuse, bien qu'elle était à travaillé en tant que cuisinière - d'où le miracle du couteau à tartiner la pâte à chocolat ? - mais elle n'a pas pu faire grand-chose d'autre pour son fils quand une saloperie de la vie est venue, de manière définitive ! offrir à Cedell Davis un fauteuil roulant et ses mains devenues rabougries comme sous des coups répétitifs d'une tapette à mouches à brun, ses jambes sont orphelines, nous sommes à Saint-Louis en 1957. À dix ans, la moelle épinière du petit Cedell devient aussi sèche qu'une veuve fidèle, la sorcière aux dents vertes à frappé un grand coup ! Et là, il a commencé le processus douloureux de réapprendre, en fait de repenser, la guitare qu'il ne pourra jamais plus jouer de façon orthodoxe et conventionnelle. 

- Cela m'a pris environ trois années, - il se souvient - J'ai été bien retapé mais impossible d'utiliser ma main droite, alors j'ai dû retourner ma guitare : Depuis je joue désormais comme un gaucher ; mais j'avais toujours besoin de quelque chose à glisser le long des cordes, et ma mère a reçu ces couteaux d'un ensemble de couvert en argenterie, et j'ai un peu frappé alors avec les cordes à toute volée.:

Vous voyez, Cedell Davis, c'est le Négro avec un couteau à étaler de la pâte à chocolat à tartiner pour jouer son blues ; il y a des chapitres de la vie où la police ne manque pas de caractère (Batick Regular et Times New Roman).


Je suis au volant de ma vieille caisse. Cedell Davis dont le blues sort des enceintes du radio-lecteur de disc-compact, fait tanguer la bagnole lorsque je roule sur le tronçon d'autoroute qui terrassa Jennifer et Annette  - pas 39 ans à elles deux réunies pour l'éternité - il y aura bientôt déjà 20 ans - saloperie d'existence -. Le siégé passager, la place du mort, est occupé par une pianiste des mots abscons un peu fofolle et surtout beaucoup du style retardée d'une famille de bourgeois arrivistes ruraux - genre je me la joue Patti Smith -.

- Encore Cedell Davis - me dit-elle - mais tu n'écoutes que Cedell Davis ! Cela ne me dérange mais j'ai le sentiment qu'il joue faux.

Aux yeux d'une jeune pianiste qui préfère Glenn Gould à Thélonious Monk, ce qui n'est ni blanc ni noir tiens du mensonge !? Pourtant la Musique de Cedell Davis ne ment pas. Cedell Davis joue vraie. Je ralenti, j'appuie sur le commutateur qui permet l'ouverture automatique de la vitre avant droite de ma vieille bagnole, la pianiste cul-cul la praline glisse bientôt par dessus bord et je pense;

- Vaù in thiot peu ravisé à mon mononcle Adolf chi in y ét !*

Puis je pousse a fond le volume du radio-lecteur de disc-compact : 'If You Like Fat Woman Green Onions Failling Rain Blues Every Day Every She's Got The Devil In Her Way Boogie Clillen'.

E. Mimasaù L., largement piraté par Ch.Edziré D.

*traduction française du picard :
Vas un p'tit peu regarder chez mon oncle Adolf si on y est ! [Vas au diable ! en somme.]

Discographie de Cedell Davis disponible sur le label Fat Possum.

FEEL LIKE DOIN' SOMETHING WRONG / 1993.

THE HORROR OR IT ALL / 1998.

BONUS

lundi 14 janvier 2019

LES HEROÏQUES POPULAIRES DES PIANOS - Actes 2. Les VARIATIONS DE L'AMOUR et autres positions...

- NIGHT LIFE de et par Mary Lou Williams -


Mary Lou Williams est l'une des plus importantes, si ce n'est pas la plus importante, pianiste, auteur compositrice et interprète de l'histoire du jazz afro-américain, elle est née en 1910 à Atlanta. Elle apprend très tôt le piano, dés l'âge de 6 ans, aux côtés de sa mère qui est elle même pianiste. Dés l'âge de 12 ans, elle joue dans l'orchestre de Duke Ellington. Elle épouse à l'âge de 16 ans le saxophoniste John Williams et elle est pianiste à ces côtés et enregistre dés 1927 au sein du Jeanette James & her Synco Jazzers et John William's Synco Jazzers des plages instrumentales, téméraires et toutes à fait avant-gardistes pour l'époque comme Down In Gallion qu'a composé son mari.


Très vite elle va travailler et jouer avec les plus grands de son époque, outre Duke Ellington, on peut citer Earl Hines, Louis Armstrong, Tommy Dorsey, Benny Goodman, Dizzy Gillespie ou encore Errol Garner car elle a déjà fortement impressionné messieurs les jazzmen en  enregistrant et sortant, en 1930, la pièce piano-solo Night Life.

Mais en 1945, elle va être la première en parallèle de Duke Ellington à sortir la composition d'une œuvre jazz du format carcan court avec Zodiac Suite qui est un véritable concept album exclusivement instrumental autour des 12 signes du zodiaque et joué avec une sobriété absolument qui met en avant le piano qui est juste parfois épaulé par une contrebasse ou une batterie. L'œuvre sort d'abord morcelée sous une série de 78 tours puis il faut attendre 1975 pour que le label Smithsonian/Folkays Recordings publie un 33 tours qui rassemble ensemble les 12 signes réunis et il a noté qu'en 1995, le même label sort une version en disque compact pour fêter les 50 ans de la création de Night Fife, agrémentée de 6 performances, interprétations de certains thèmes déclinés autrement et qui n'ont pas été initialement retenues pour la publication publique.

Zodiac Suite tout en se reposant sur les racines du jazz le plus pur donc du blues et un travail qui s'ouvre et se déploie telle une œuvre maitresse de musique dite classique. 




L'album Mingus Plays Piano est un disque incroyable du célèbre auteur-compositeur et contrebassiste afro-indo-américain Charles Mingus qui écrivait sur partition toutes ses compositions monstrueuses, car ici seul au piano dans une incroyable spontanéité, liberté et limpidité totale il improvise et livre, en 1963, un album aux richesses merveilleuses qu'il a enregistré en la seule journée du 30 juillet 1963 pour le label IMPULSE ! et dont la version cd de 1997 et complétée de pièces qui ne sont pas paru en 33 tours. Sept des onze compositions spontanées sont entièrement du au génie de l'improvisation de Charles Mingus et les quatre autres plages que nous connaissons, en existerait-il d'autres ? je n'en serai pas surpris, sont des interprétations très libres de thèmes écrit par d'autres compositeurs dont d'Irma Gershwin et Vernon Duke I Can't Get Started, chanson écrite pour Billie Holiday.



Le suivant et dernier pianiste, mais aussi violoncelliste alto, dont je désire vous parler est le gallois John Cale, l'homme à tête de cheval qui a formé ,au milieu des années 60's avec Lou Reed, The Velvet Underground le groupe qui va durant des décennies et encore, espérons le, faire basculer la musique rock et donc le blues, beaucoup plus loin. Au départ John Cale a une formation de musicien classique mais il va aller explorer bien au delà de l'académisme des Musiques dites classiques. L'œuvre de John Cale est radicalement hors normes, c'est celle d'un musicien au service de Musiques perdues pour reprendre une de ses expressions qui n'hésite pas à se perdre pour inventer ou réinventer des compositions ; sa reprise par exemple d'Hallelujah de Léonard Cohen qu'il a repris dans un épurement total voix et piano magistral transcendance l'original et il en va de même avec son impensable reprise du hit d'Elvis Presley Heartbreak Hotel ou le piano va jusqu'à se fendre comme une ierre dans le gel de l'amour perdu
au fond des hôtels...

...Mais l'Amour, John Cale va le célébrer de la plus simple, tendre et douce possible pour le film La naissance de l'amour de Philippe Garrel en 1993, à la manière du Jean-Sébastian Bach des Variations Golberg en déclinant 23 fois le même thème qui s'écoule comme une grande rivière de sérénité et de paix (re)trouvée.



LA CHANSON DU PIANO FENDU
À John Cale.

C'est un écho cru, rugueux. Il monte de la vallée.
Déboulé des collines - sur Garnant - les billes éclatées de l'innocence
Jouent aux yeux d'âmes perdues - vitres sans rideaux, douces corneilles.
Elle fixe le type. Des coquelicots de suie épousent leurs souffrances.

Par le travers-horizon, affolé, en crochets détale le capitaine lapin.
Cloîtrées dans quelques poèmes jaunis. En chapelet lui fait face, photos 
Eclairant l'incertitude du vide - longue rue principale entre nos mains -,
Des nuées de pains, des pierres grises ont rafraîchi nos oripeaux.

Par les os d'un piano fendu coule la voix décavée.
À l'Heartbreak Hotel, le jeune John - futur égorgeur de volailles -,
Bouleversé - cristallisation en émotionnel sabotage -, rencontre l'âme du loup alcoolisé.
Chansons de faim, prière de soif, illustrent férocement nos intimes batailles.

Encore ce sifflement sévère - comme le sang crucifié - des songes enfuis.
Autour des lacs, soûle, l'idiote cherche son apache crétin ;
Lui lèchera sous les haillons les balafres de sueur torve.
C'est l'écho cru, rugueux ; il  claque en ce matin.

En vers arithmonynes de onze.
Christian-Edziré Déquesnes


Puis Les Variations Golberg de J.S Bach alors là ! La Musique, juste la Musique et seulement un piano et deux mains...

21./ J.J CALE : "Magnolia" (1970).