lundi 14 janvier 2019

LES HEROÏQUES POPULAIRES DES PIANOS - Actes 2. Les VARIATIONS DE L'AMOUR et autres positions...

- NIGHT LIFE de et par Mary Lou Williams -


Mary Lou Williams est l'une des plus importantes, si ce n'est pas la plus importante, pianiste, auteur compositrice et interprète de l'histoire du jazz afro-américain, elle est née en 1910 à Atlanta. Elle apprend très tôt le piano, dés l'âge de 6 ans, aux côtés de sa mère qui est elle même pianiste. Dés l'âge de 12 ans, elle joue dans l'orchestre de Duke Ellington. Elle épouse à l'âge de 16 ans le saxophoniste John Williams et elle est pianiste à ces côtés et enregistre dés 1927 au sein du Jeanette James & her Synco Jazzers et John William's Synco Jazzers des plages instrumentales, téméraires et toutes à fait avant-gardistes pour l'époque comme Down In Gallion qu'a composé son mari.


Très vite elle va travailler et jouer avec les plus grands de son époque, outre Duke Ellington, on peut citer Earl Hines, Louis Armstrong, Tommy Dorsey, Benny Goodman, Dizzy Gillespie ou encore Errol Garner car elle a déjà fortement impressionné messieurs les jazzmen en  enregistrant et sortant, en 1930, la pièce piano-solo Night Life.

Mais en 1945, elle va être la première en parallèle de Duke Ellington à sortir la composition d'une œuvre jazz du format carcan court avec Zodiac Suite qui est un véritable concept album exclusivement instrumental autour des 12 signes du zodiaque et joué avec une sobriété absolument qui met en avant le piano qui est juste parfois épaulé par une contrebasse ou une batterie. L'œuvre sort d'abord morcelée sous une série de 78 tours puis il faut attendre 1975 pour que le label Smithsonian/Folkays Recordings publie un 33 tours qui rassemble ensemble les 12 signes réunis et il a noté qu'en 1995, le même label sort une version en disque compact pour fêter les 50 ans de la création de Night Fife, agrémentée de 6 performances, interprétations de certains thèmes déclinés autrement et qui n'ont pas été initialement retenues pour la publication publique.

Zodiac Suite tout en se reposant sur les racines du jazz le plus pur donc du blues et un travail qui s'ouvre et se déploie telle une œuvre maitresse de musique dite classique. 




L'album Mingus Plays Piano est un disque incroyable du célèbre auteur-compositeur et contrebassiste afro-indo-américain Charles Mingus qui écrivait sur partition toutes ses compositions monstrueuses, car ici seul au piano dans une incroyable spontanéité, liberté et limpidité totale il improvise et livre, en 1963, un album aux richesses merveilleuses qu'il a enregistré en la seule journée du 30 juillet 1963 pour le label IMPULSE ! et dont la version cd de 1997 et complétée de pièces qui ne sont pas paru en 33 tours. Sept des onze compositions spontanées sont entièrement du au génie de l'improvisation de Charles Mingus et les quatre autres plages que nous connaissons, en existerait-il d'autres ? je n'en serai pas surpris, sont des interprétations très libres de thèmes écrit par d'autres compositeurs dont d'Irma Gershwin et Vernon Duke I Can't Get Started, chanson écrite pour Billie Holiday.



Le suivant et dernier pianiste, mais aussi violoncelliste alto, dont je désire vous parler est le gallois John Cale, l'homme à tête de cheval qui a formé ,au milieu des années 60's avec Lou Reed, The Velvet Underground le groupe qui va durant des décennies et encore, espérons le, faire basculer la musique rock et donc le blues, beaucoup plus loin. Au départ John Cale a une formation de musicien classique mais il va aller explorer bien au delà de l'académisme des Musiques dites classiques. L'œuvre de John Cale est radicalement hors normes, c'est celle d'un musicien au service de Musiques perdues pour reprendre une de ses expressions qui n'hésite pas à se perdre pour inventer ou réinventer des compositions ; sa reprise par exemple d'Hallelujah de Léonard Cohen qu'il a repris dans un épurement total voix et piano magistral transcendance l'original et il en va de même avec son impensable reprise du hit d'Elvis Presley Heartbreak Hotel ou le piano va jusqu'à se fendre comme une ierre dans le gel de l'amour perdu
au fond des hôtels...

...Mais l'Amour, John Cale va le célébrer de la plus simple, tendre et douce possible pour le film La naissance de l'amour de Philippe Garrel en 1993, à la manière du Jean-Sébastian Bach des Variations Golberg en déclinant 23 fois le même thème qui s'écoule comme une grande rivière de sérénité et de paix (re)trouvée.



LA CHANSON DU PIANO FENDU
À John Cale.

C'est un écho cru, rugueux. Il monte de la vallée.
Déboulé des collines - sur Garnant - les billes éclatées de l'innocence
Jouent aux yeux d'âmes perdues - vitres sans rideaux, douces corneilles.
Elle fixe le type. Des coquelicots de suie épousent leurs souffrances.

Par le travers-horizon, affolé, en crochets détale le capitaine lapin.
Cloîtrées dans quelques poèmes jaunis. En chapelet lui fait face, photos 
Eclairant l'incertitude du vide - longue rue principale entre nos mains -,
Des nuées de pains, des pierres grises ont rafraîchi nos oripeaux.

Par les os d'un piano fendu coule la voix décavée.
À l'Heartbreak Hotel, le jeune John - futur égorgeur de volailles -,
Bouleversé - cristallisation en émotionnel sabotage -, rencontre l'âme du loup alcoolisé.
Chansons de faim, prière de soif, illustrent férocement nos intimes batailles.

Encore ce sifflement sévère - comme le sang crucifié - des songes enfuis.
Autour des lacs, soûle, l'idiote cherche son apache crétin ;
Lui lèchera sous les haillons les balafres de sueur torve.
C'est l'écho cru, rugueux ; il  claque en ce matin.

En vers arithmonynes de onze.
Christian-Edziré Déquesnes


Puis Les Variations Golberg de J.S Bach alors là ! La Musique, juste la Musique et seulement un piano et deux mains...

mercredi 9 janvier 2019

LES HEROÏQUES POPULAIRES DES PIANOS - Acte 1. La LITANIE DES SAINTS et autres gourmandises en touches de noires et de blanches...




Le premier artiste et musicien que j'ai aimé et que je respecte toujours est le chanteur populaire et sacré pianiste Michel Polnareff  qui possède une formation classique du piano. En 1966, avec son second 45 tours Love Me Please Love Me, il réussi à imposer une chanson en face A d'un e.p avec une seule composition, en ces temps là en France les 45 tours paraissaient avec 2 titres de moins de trois minutes par face, de plus de quatre minutes à introduction très longue au piano et un développement orchestral jusqu'au final qui rend impossible d'amputer introduction ou final pour une diffusion cohérente sur les ondes des stations radiophoniques, ces dernières à l'époque, déjà bien commerciales, imposaient aux chansons de faire moins de trois minutes afin d'être retenues et programmées. Mais Michel Polnareff réussi d'inverser la vapeur, un 45 tours, le second de sa carrière qui vient de commencer avec qu'une seule longue composition en face A qui grimpe et s'impose dés sa parution dans tous les hit-parades populaires et yéyés de l'époque. Mais peut-être encore plus remarquable pour ce génial pianiste, est le 45 tours de 1968 qui propose une face verso avec deux chansons qui deviendront chacune des hits Tous les bateaux, tous les oiseaux et Tout, tout pour ma chérie et celle donc  recto avec 4 titres ! (certain sont très courts) instrumentaux en recto qui ont été composés par Michel Polnareff pour le spectacle Rabelais du grand acteur et metteur en scène de théâtre Jean-Louis Barrault, mais dont le thème mélodique en version piano solo ne sera pas gravé dans la cire.*


En 1971, sort l'album Polnareff's avec des instrumentaux Voyages et Mais encore, des compositions aux arrangements très riches et des passages de solo de piano comme dans Né dans Ice Cream qui laisse pantois, puis des chansons comme Qui a tué Grand Maman, Nos mots d'amour et À midi, à minuit qui mettent le piano à l'honneur. Cet album, finalement très rock-pop et parfois même psychédélique demeure en 33 tours le chef d'œuvre de Michel Polnareff, un exploit qu'il a presque égalé 50 après avec le dernier opus paru au début de l'hiver 2018 Enfin !  et qui renoue justement avec des compositions parfois juste instrumental Phantom, Agua Caliente.

*Mais dont l'enregistrement de la maquette de travail apparaît dans un coffret Classics Vintages, paru en 2014.


Un autre pianiste populaire que je désire évoquer le monstre fantasque de La Nouvelles Orléans Malcolm John Rebennack alias Dr John dont la discographie est impressionnante et dont il faudrait plusieurs articles, voir un livre pour en restituer le foisonnement !  Et a qui je dois d'avoir pu découvrir un autre grand pianiste très populaire en son temps mais oublié aujourd'hui, le compositeur, pianiste et interprète Louis Moreau Gottschalk - 1829/1869 - , lui aussi de La Nouvelle Orléans, et dont le Dr John c'est inspiré d'une mélodie Souvenir de Porto Rico/Marche des Gibaros pour écrire et enregistrer la grandiose Litanie des Saints.



Louis Moreau Gottschalk a composé essentiellement des pièces pour piano, mais pas que, 109 exactement au total ! Et qui a joué dans le monde entier devant des salles combles car il était très populaire et a énormément voyagé, à tels points que l'on peut considérer que c'est un précurseur, il a qui a eu une carrière et un destin comparable à la vie de certaines rocks stars de nos jours. Il meurt à l'âge de 40 ans d'empyème, résultat d'un abcès perforé à l'abdomen mais que tout de même des pièces tel que La marche des Gibaros n'autorisent pas à ranger de nos jours trop vite cet artiste dans la catégorie des personnages et des compositeurs de seconde division des amuseurs qui seraient démodés. Louis Moreau Gottschalk a été un grand artiste populaire qui allait à la rencontre du public et auquel il offrait beauté, liesse et émotion.



Afin de conclure, je tiens à citer une artiste féminine, elle aussi pianiste jazz et chanteuse de La Nouvelle Orléans Sweet Emma Barrett.

Sweet Emma Barrett, née le 25 mars 1897 et morte le 28 janvier 1983 à la Nouvelle Orléans, Louisiane, autodidacte,  Elle connut la célébrité avec le Preservation Hall Jazz Band des années 1960 et devient une des figures emblématique du jazz traditionnel de la Nouvelle Orléans. Elle a commencé à jouer à l'âge de 7 ans. Au début des années 1920 elle rejoint l'orchestre de jazz Original Tuxedo d'Oscar Celestin et en pionnière réalise son premier enregistrement en 1926 pour Columbia Records. 

Sa version en public de Saint James Infirmary, l'un des blues les plus émouvants que je connaisse, avec Le Preservation Hall Jazz Band et l'une de celle que je préfère.


BONUS

mardi 1 janvier 2019

Disques pour commencer l'année 2019 et FAIRE QUE VOS NUITS SOIENT PLUS LONGUES QUE LA NUIT - SUNTAPES, NO FORMAT ! & TRANCE TO THE SUN...

POUR 2019, JE VOUS SOUHAITE DE
FAIRE QUE VOS RÊVES SOIENT PLUS LONG QUE LA NUIT.

En 1972 sortait en 33 tours le poème symphonique du claviériste autodidacte, Vangélis Papathanassiou, né en Grèce à Volos en 1943 et qui a formé en 1968, à Paris, avec Demis Roussos et Loukas Sideras le groupe Aphrodite's Child. En 1972, le groupe se sépare et Vangélis Papathanassiou termine seul le double album 666, un chef d'œuvre inclassable inspiré de l'apocalypse selon Saint Jean  ! la même année, il publie en 33 tours le poème symphonique Fais que ton rêve soit plus long que la nuit élaboré à partir d'éléments sonores enregistrés durant le événements de mai 68 à Paris...

...En 1973, il sort une autre pièce inclassable Earth, par la suite, plus jamais il ne parvient à produire de tels sommets !

SUNTAPES
- Hunting For Hills -

SUNTAPES est le projet d'un homme seul et discret, Tomas Vanderplaetse, que d'ailleurs certains ont peut-être déjà vu en et entendu sur scène car il est le pianiste et claviériste qui succédant à Serge Feys (T.C Matic) qui accompagne Arno sur scène...
...Tomas Vanderplaetse m'a transmis en novembre dernier son opus solo en date, une production d'une sobriété absolue qui n'est non pas un groupe car il y propose sous le nom de SUNTAPES 9 de ses propres compositions qu'il interprète en jouant d'une quinzaine d'instruments dont certains dont traditionnels de Thaïlande, Chine, Inde, Maroc ; un disque Hunting For Hills qui au fil des plages déploie une rare et exceptionnelle sérénité pour un univers musicale que l'on pourrait qualifier d'atmosphérique et dont se dégage une sérénité rare pour une musique, exclusivement instrumentale dont la qualité première est d'exprimer sans aucun artifice et exubérance superficielle, une Musique véritable humble qui à la grâce de la Paix et donc j'aurais prochainement à cœur de m'exprimer plus prochainement à son sujet dans un sujet consacré à quelques artistes pianistes et magiciens d'autres claviers.
www.suntapes.com
NO FORMAT !
Gérald Toto
- extrait de l'album SWAY -
Le plus beau et magique label français, NO FORMAT ! il œuvre depuis maintenant plus de 10 années ! aura su continuer en 2019 sont important travail de production qui nous offre avec parcimonie (3 à 4 albums par an) à découvrir des artistes et disques d'une beauté et délicatesse rare ! En début d'année  j'avais été enchanté par Mélissa Laveaux et son troisième disque paru chez NO NORMAT ! RADYO SIWÈL dont je ne dirais jamais assez que c'est un album extraordinairement vaudooesque  de chansons d'amour. NO FORMAT ! En 2018, a pris l'excellente initiative de rééditer IDENTITE EN CRESCENDO (initialement paru en 2006 !) de Rocé qui demeure à mon sens ce que le rap a produit en France de plus original et de pensé, une pensée lucide et politique, une pensée de fraternité non feinte et pour le coup réellement militante. Le label a publié également en milieu d'année SWAY, un disque de Gérald Toto que l'on avait pu découvrir déjà par le biais des deux productions du trio TOTO BONA LOKUA. Là, en solo, avec Sway, Gérald Toto, originaire de St Cloud, a livré un collection de onze délicates chansons paisibles interprétées de manière acoustique comme des berceuses aux parfums harmonieux et exotiques de l'Amérique latine, d'Afrique et des îles au soleil. Un beau disque tellement simple et sobre que l'on peut croire aux premières écoutes qu'il est anodin alors que c'est juste l'inverse et que très vite quelques écoutes supplémentaires vous rende additif aux perles de ce collier de joyaux musicaux. Enfin, NO FORMAT ? termine l'an 2018, en annonçant la sortie officielle pour le 25 janvier 2019 de : ? QUE VOLA ? qui semble surtout être l'affaire d'un "jeune" jouer de trombone à coulisse, Fidel Fourneyron, qui fait dans un jazz qui dés la première écoute m'a catapulté dans mes souvenirs des meilleurs souvenirs que je conserve du L'Art Ensemble Of Chicago. J'y reviendrais dans un autre article plus complet ! Mais d'ors et déjà, j'affirme que ce disque ? QUE VOLA ? est inespéré, jouissif et d'une force créatrice jubilatoire rare en 7 compositions et interprétations qui secouent positivement et invite à leurs manières libres et éclatées à la danse.
www.NOFORMAT.NET
? QUE VOLA ?


PROJEKT
- TRANCE TO THE SUN - Spiders, Aether & Rain. -
SURPRENANTE ! que cette compilation parue sur le label PROJEKT et qui en 2007 proposait avec Spiders, Aether & Rain-The Finest works of TRANCE TO THE SUN, de revenir sur le travail de 1994 à 2001 d'un groupe bien que Californien que l'on peut situer à l'opposé de The Beach Boys ; ici la musique oscille entre l'univers de Massive Attack et celui de The Cure de l'époque Faith et Pornography, sentiment que j'ai notamment éprouvé dés ma première écoute pourtant inattentive de Homewrecker. L'univers de Trance To The Sun combine avec brio plusieurs tendances qui sont nommés dans le livret de la sorte : Psychedelia, Ethereal, Metal, Ambience, Punk, Prog, Goth, Darkwave & Electronica, CELA a de quoi dérouter une telle déclinaison mais il me semble intéressant d'y aller voir dans ce type de rêves pour essayer de faire avec eux que les nôtres et les leurs soient plus long que la nuit de notre monde qui a vraiment perdu la tête ! 
wwwPROJEKT.COM   &     wwwTRANCETOTHESUN.NET

mardi 13 novembre 2018

De l'influence de la musique de La JAMAÏQUE dans le rock



Traditionnellement et historiquement Le mento/calypso est la première musique populaire de Jamaïque  apparue à la fin du siècle 19 dans les zones rurales de l'île. C'est le styles musicaux à l'origine du reggae de par son développement à travers le ska puis le rocksteady et il y a une grande évidence de similitudes non seulement chronologique mais aussi sociologique avec le processus d'évolution  du blues/folk blues via le jazz, le rythm'n blues et le rock 'n' roll...


...Les déploiements de ces deux courants ruraux du local deviennent progressivement urbains et surtout leurs rayonnements deviennent internationaux jusqu'à donner du siècle dernier naissance à des groupes qui tout en puissant une partie de leur inspiration à la source, aux racines de toutes ces musiques... 

MAD CADDIES


Mad Caddies est un groupe de ska punk nord-américain originaire de Santa Barbara en Californie  qui jouent une musique influencé aussi bien du ska et reggae - State of , The Bell Tower que du punk rock - The Gentleman ; mais encore la musique de Mad Caddies est aussi fortement influencée par le jazz New Orléans - Mary Mélody, Monkeys ou Falling Down , ce qui constitue une des principales originalités d'un groupe qui n'hésite pas parfois à glisser à la mexicaine des trompettes dans la pure tradition mariachi - Just One More et Reflections, voir même de l'accordéon et un rythme de polka - All Américan Badass.

Formé en 1995, Mad Caddies a sorti une dizaine d'albums dont  Just One More en 2003 qui est vite considéré comme un album de référence, un chef-d'oeuvre du genre ska-punk, un excellent et explosif disque enregistré en public à Toronto en 2004 - Songs in the Key of Eh et en 2010, une remarquable compilation  - Consentual Sélections, hautement recommandé à ceux qui veulent découvrir la musique de Mad Caddies. C'est actuellement l'un des groupes les plus actifs de la scène ska-punk mondiale. Leur album - Just one more est considéré comme un chef-d'œuvre du genre.

Les membres fondateurs du groupe Chuck Robertson, Sascha Lazor, Carter Benson et Mark Iversen ont formé le groupe au lycée, mais sa constitution a évolué fréquemment depuis. Carter Benson (guitare) a quitté le groupe en 2002 et Mark Iversen (basse) l'a quitté en octobre 2006 mais Chuck Roberston (chant, guitare) et Sasha Lazor (guitare, banjo) poursuivent l'aventure de Mad Caddies et leur dernier opus,, 2018, Punk Rock Steady et dans lequel le groupe ne reprend que des classiques de la musique ska-punk composés par d'autres, témoigne que Mad Caddies n'a pas usurpé la solide réputation d'être devenu l'une des références les plus important d'un genre ska-punk dont l'appellation générique est réductrice en rapport aux métissages des racines de cette musique résolument populaire.




BABYLON FIGHTERS

Je considère que Babylon Fighters que dans l'histoire du rock français, était & demeure unique et une exception. D'abords rappeler pour les avoir vu en action à Lille, sur scène ils étaient redoutables et que c'est là que le groupe prenait toute son ampleur de machine à danser puisque le groupe interprétait de manière personnelle et originale des ingrédients aussi bien "roots" qu'urbaines du Reggae, de Ska, de Dub mais aussi d'énergie punk, souvent médias et public s'accordaient pour dire que c'était un groupe de Dub et il est vrai que les grand-pères et grands frères se nommaient : Sly & Robbie (la rythmique de Peter Tosh), Mad Professor, LKJ et son Dub Band, bien-sûr le génial Lee Perry mais c'est surtout les expérimentation du label anglais ON-U Sound [Andrien Sherwood & The Dub Syndicate, Gary Clail, African Head Charge] qui guide Babylon Fighters vers un melting-pot où tout est permis. Jurons aussi que le Babylon Fighters a du écouter l'incroyable et unique album de Basement 5. Le reggae punk, rock & expérimental de Babylon Fighters est une musique revendicatrice que très vite la mouvance alternative française,  issue de la culture punk et alors en pleine expansion, accueille à bras ouvert ce groupe totalement atypique et engagé.

Leur première apparition phonographique se fit sur la compilation "Les héros du peuple sont immortels" (1986 Gougnaf Mvt/Kronchtadt Tapes) en compagnie de OTH, Les Thugs, La Souris Déglinguée, etc avec la version originale de National Trouble. Grâce à de nombreux concerts le groupe se forge une réputation de groupe de scène performant avec un son redoutable.

Le maxi "You talk about" (3 titres, en vinyl rouge) fut enregistré en1986 au studio "Les Producteurs" pour le label Kronchtadt Tapes. Deuxième expérience (avec JP Spirli). Dans la production indépendante de cette époque, ce maxi se fit remarquer (malgré tout) par un son puissant et par des compostions aux arrangements surprenants. 

Faute de moyens, leur label d'alors décide d'enregistrer sur multipistes une partie de la tournée de 1987. A l'arrivée les bandes étaient démagnétisées. On ne saura jamais comment...Alors après un passage aux Transmusicales de Rennes. Le groupe enregistre et mixe en 48h un album : des bandes "live en studio" sans "re-recording", ni "overdub". "Radical system" (1988).

Nouvelle tournée, et concerts à l'étranger (Belgique, Suisse et Allemagne) où le groupe bénéficie
d'une bonne réputation dans la mouvance radicale du rock alternatif européen.

En 1989, Bondage (l'équipe originale) signe les B. F. pour leur second album , le 1er vrai album studio. Le feeling est encore très Dub, les textes tjs engagés : Brasov, chili, etc... Brasov, pémonitoire puisque l'année suivante le monde entier va (re)découvrir la Roumanie de par une actualité dramatique. Les mélodies et les rythmiques font encore l'objet d'arrangements enrobés de sons urbains venus d'ailleurs puis faisant déjà partie intrégrante du groupe, Lô s'essaie au Cornet à piston pour faire une section de cuivres avec Yussef.

Dans "Radical system" Babylon Fighters reprend le Dub Syndicate d'Adrien Sherwood avec "Fuck You" & "The show is coming". Celà situe bien l'esprit de cet album.

Les concerts vont s'enchainer, beaucoup en France, mais aussi à l'étranger (Allemagne, Suisse, Belgique...) où les Babylon Fighters jouissent d'une vraie renommée et ce qui est rare pour un groupe français.

Babylon Fighters qui est pratiquement le seul groupe à tendance reggae de l'hexagone avec une réelle touche personnelle et innovante est bien sollicité pour jouer un peu partout. C'est l'apogée dugroupe, 5 ans après sa formation, 1 max, et 2 albums.

L'année suivante, 1991, signature chez BMG pour un nouvel album : "Shut up, don't shutdown" qui est enregistré à Bruxelles à l'I.C.P studio et produit par Jean Marie Aerts (ancien guitariste de T.C Matic au côté d'Arno.). Cet album est encore plus remarquable, plus aboutie, plus électrique, une énorme tension d'état d'alerte omniprésente de bout en bout sonne comme l'annonce que nous sommes bien entrée dans l'ère mondiale de l'amplification des ampleurs des aggravations. La collaboration de Babylon Fighters & Jean-Marie Aerts nous offre avec "Shut up, don' shutdown", un album cruxial qui résonne d'un état d'alerte apocalyptique aujourd'hui plus omniprésente que jamais.

1992: split...






jeudi 8 novembre 2018

DE L'IMPORTANCE DE BOB DYLAN...






Pour dire ce que je pense de Bob Dylan, je profite de la parution du nouveau volume des 'The Bootlegs series', le numéro 14, des archives de Bob Dylan qui se nomme 'MORE BLOOD, MORE TRACKS' [Plus de sang, plus de rails] et qui correspond aux séances de travail en 1974 à New York de l'album 'BLOOD ON THE TRACKS' [Le sang sur les rails] paru en 1975. je considère cet album comme l'une des multiples pierres angulaires de l'œuvre de l'un des deux plus grands artistes, hors pairs, inégalables issus de l'histoire du rock américain, l'autre étant pour moi Lou Reed.


'BLOOD ON THE TRACKS' et désormais 'MORE BLOOD, MORE TRACKS' offre deux des plus belles compositions de Bob Dylan, aussi bien que musicalement que par les textes de ces deux chansons, à savoir 'Idiot Wind' et 'Shelter from the Storm' et qui démontre que le prix Nobel de littérature attribuée à Bob Dylan en 2016 est plus qu'amplement justifié ! Mais j'y reviens plus tard. 

IDIOT WIND [Souffle Idiot] est une longue complainte qui a tout l'air d'une chanson d'amour qui parle en s'adressant à une femme parle d'une rupture... "...Souffle idiot qui souffle en rond autour de ma tête / Du barrage de Grand Coulee au Capitole / Souffle idiot qui souffle quand tu bouges les dents / Tu es une idiote, chérie / Etonnant que tu saches encore respirer // Je n'arrive plus à te sentir là, ni même à toucher les livres que tu as lus / Chaque fois que je rampe devant ta porte, je préférerais être quelqu'un d'autre..." mais nous savons que contrairement à bien d'autres chansons d'amour composée par Bob Dylan a partir d'éléments autobiographiques, ici que cette narration n'est qu'une pure fiction ; puis il est vite fait à cause de juste un passage de croire que toute la chanson ne s'adresse qu'à une unique femme, à une seule personne car comme bien souvent avec la poésie de Bob Dylan si on ouvre les tiroirs à images des vers de Bob Dylan, on y entrevoit bien d'autres choses, par exemple avec la première strophe du premier couplet (cette chanson contient 4 longs couplets de 2 fois 5 vers et 4 refrains presque identiques) 'Quelqu'un m'en veut, on sème des salades dans la presse / Qui que ce soit je voudrais qu'un jour, Dieu sait quand, ça cesse / On dit que j'ai tiré sur un certain Gray, emmené sa femme en Italie / Elle a hérité un million qu'à sa mort on m'a transmis / Si j'ai de la chance j'y peux rien..." visiblement là Bob Dylan ne s'adresse pas là à une femme qu'il quitte... Puis le fait que l'on l'accuse d'avoir tiré sur un certain Gray, pour les avertis, cela renvoit à cette chanson traditionnelle du folk-blues des Etats-Unis "Staggerlee" avec sa légende maudite.


Staggerlee que d'ailleurs Bob Dylan va reprendre en 1993  sous le titre de Stack A Lee sur son album acoustique World Gone Wrong afin nous avertir qu'aucun homme n'atteint l'immortalité à travers le succès public. Je pense pour ma part que c'est bien déjà de cela qu'il s'agit en 1975 avec IDIOT WIND ; visez le dernier couplet & le dernier refrain 'C'est la dernière fois que l'on me double et me voilà libre enfin / J'ai donné le baiser d'adieu à la bête hurlante sur la frontière qui te séparait de moi / Tu ne sauras jamais les coups que j'ai endurés ni la douleur que je surmonte / Et je ne saurai jamais rien de semblable sur toi, ta sainteté ou ton genre d'amour / Et vraiment ça me désole. // Souffle idiot qui souffle par les boutons de nos manteaux / Qui souffle par les lettres qu'on écrivait / Souffle idiot qui souffle dans la poussière de nos étagères / On est des idiots, chérie / Etonnant qu'on arrive encore à s'alimenter.'. Non ! Cette chanson ne peut pas s'adresse qu'à une unique femme, elle nous est aussi adressée. 


Puis sur 'BLOOD ON THE TRACKS' , il y a 'SHELTER FROM THE STORM' [À l'abris de la tempête] dont Bob Dylan, dés 1976, donnent souvent en concert des versions très différentes , acoustiques, électriques, lentes, rapides, sereines, détachées, furieuses... Cette chanson n'a pas de refrain, elle est composé de 10 strophes de quatre vers chacune dont le dernier revient à chaque fois comme un leitmotiv ' "Come in," she said. " she said. "I'll give you shelter from storm" ' - ' "Entre", dit-elle, "je te mettrai à l'abri de la tempête". Cette tempête c'est les désastres existentiels qui sont successivement décrits à chaque fois dans les 3 vers qui précédent le leitmotiv et dont la seule porte de sortie semble être que cette invitation féminine à se mettre  chez elle à l'abri de la tempête mais cette proposition de porte de sortie qui revient en boucles, n'est-elle plutôt l'entrée dans la tempête ? Dans le tourment existentiel ? Dans la propre perte des illusions personnelles ou/et de l'abandon, la résignation du narrateur à disparaître, à mourir... où plutôt même la proposition du narrateur à l'auditeur à rentrer, donc à se regarder en face lucide, dans sa propre tempête, dans ses propres tourments... Quand on entend, écoute cette chanson, l'on sent vraiment qui se passe quelque chose de pas ordinaire ! Bob Dylan démontre là qu'il a ce pouvoir avec des mots qui décrivent de l'anecdotique puisque chaque couplet n'est composé que d'anecdotique, de savoir décliner un chant qui au finale à une portée universelle , alliée à une puissance radicale, un chant intemporel propre au sacré de toute humanité...

Rien que ces deux chansons montrent bien que le prix Nobel de littérature, j'y reviens donc, de Bob Dylan en 1976, pour "avoir crée de nouvelles expressions poétiques, dans le sillage de la chanson traditionnelle américaine", fait tout à fait sens dans une seconde moitié de siècle 20 et début de 21 où l'on peut réellement s'interroger sur cette multitude de "Poètes". Des auteurs qui font de la poésie sans ponctuation, sans métrique, sans lyrisme, avec vers libres à gogo, de la tautologie à outrances et des redondances ronflantes, allant jusqu'à vider le plus partiellement possible la page de mots sous prétexte qu'il faut, faudrait interroger le sens alors que peut-être c'est qu'ils n'ont rien de très profondément et d'humainement collectif à écrire puisque plus préoccupé à vouloir mettre en avant un égo sans véritable altruisme.


Je n'en ai pas honte ! J'ai acheté et lu le discours à l'Académie suédoise de Bob Dylan pour son prix Nobel de littérature et béh ! croyez moi cela remet les pendules à l'heure en ces temps de grande "dé-pensée" dans les milieux de "La Poésie". Enfin pour conclure, je désire reprendre ici la conclusion de Bob Dylan de ce discours qui est si important pour la Poésie & la Littérature d'aujourd'hui, lisez ce discours ! "...Et c'est ce que sont les chansons, aussi, Nos chansons sont vivantes au pays des vivants. Mais contrairement à la littérature, les chansons sont destinées  être chantées, et non pas lues. Les textes des pièces de Shakespeare avaient pour vocation d'être dits sur scène. De même, les paroles des chansons ont pour vocation d'être chantées et non pas lues sur une page... Je reviens une fois encore à Homère qui dit : "Chante en moi, ô muse, et à travers moi raconte l'histoire." 


vendredi 5 octobre 2018

DES GUITARISTES... Le guitariste le plus banjoreque - ROY SMECK.

- Ch'Bleuze Djitariste ed JAAAck.
Du peintre surfiguratif Jacques Cauda. -
Te souviens-tu d'Alain Bashung ? En écoutant le guitariste le plus kitsh ! Duane Eddy.
Te souviens-tu souviens que tu dansais ? En écoutant le guitariste le plus électrique ! Link Wray.
Te souviens-tu du banjo de Rag Swing ? En écoutant le guitariste le plus Tiger ! Eddie Condon.
Te souviens-tu de l'au-delà fluide ? En écoutant le guitariste le plus apprécié de Duke Ellington ! Kenny Burrell.
Te souviens-tu de la lune bleue au dessus de Stonehage ? En écoutant le guitariste le plus improbable ! John Fahey.
Te souviens-tu du taureau dans l'arène ? En écoutant le guitariste le plus flamenco ! Paco De Lucia.
Te souviens-tu de ce que tu ne savais pas ? En écoutant le guitariste le plus banjoresque ! Roy Smeck...



21./ J.J CALE : "Magnolia" (1970).